Happy Dewali!
Nous avons eu la chance de vivre les fetes de Tihar dans la vallee de Kathmandu. Ce festival, comme ils disent, dure 5 jours.
Le premier, on honore les corbeaux en leur offrant du grain. Le deuxieme, jour de lumiere pour les batards, meme les horreurs les plus pelees du pays, qu'elles aient des puces ou des vers, se voient offrir colliers de fleurs, tikkas et gros os juteux. Les chiens sont senses guider les ames des morts vers l'au-dela. Le lendemain, ils retourenent a leur triste sort, tandis que vient le tour des vaches dont les cornes sont recouvertes d'or et d'argent. Honoree entre toutes, nous avons eu la chance de rencontrer la seule et unique vache a cinq pattes du royaume, trimballee sur un petit chariot, lui-meme tire par une Enfield, a grand renfort de musique criarde. Ensuite, place aux taureaux. Le dernier jour, qui est aussi celui du Nouvel An Newar, ce sont les freres et soeurs qui se doivent honneurs mutuels. Les soeurs offrent une tikka a leur frere (dans ce cas-ci, elle est faite de riz, de pigment rouge, de petales et de graines de tagettes, et d'un peu d'eau pour que ca colle bien), tandis qu'ils les gatent de petits presents.
Durant toute cette periode, on consomme quantites de douceurs, allant du beignet bien gras a la barbapapa bien collante, en passant par un gateau sucre-sale qu'ils auraient mieux fait de reserver pour le jour des chiens. Si la ville est entierement animee par les fetes, decoree pour l'occasion de lumieres et de fleurs, les nombreux magasins sont neanmois fermes. Il regne une petite ambiance de lundi de Paques, ou de Premier de l'An, c'est selon.
Apres une visite du vieux Kathmandu et de Freak Street, ancien QG de tout hippie qui se respecte, nous avons retrouve Stefan, un ami de Baptiste, originaire de l'Alto Adige, qui vit a Patan depuis quelques semaines. Il nous a fait decouvrir un restaurant hors du commun mais surtout, le lendemain matin, nous a invites chez lui pour un brunch a l'italienne inimaginable en plein coeur du vieux Patan: pain frais, choco, fromage, yaourt, fruits, jus d'orange et comble du chic, un veritable cappuccino avec de la vraie mousse de lait. On en reve encore!
De Patan, nous sommes alles a Bakhtapur, une ville ou le temps semble s'etre arrete il y a 300 ans. Dans toutes les rues, les femmes font secher le riz et separent le bon grain de l'ivraie. Les ruelles s'emmelent autour d'une place a la richesse architecturale etonnante; des palais, des temples, des sculptures partout. Sans compter que nous avons eu la chance d'y passer la nuit de Tihar. Les petites filles, parees de leurs plus belles robes, passent de porte en porte en chantant.
Chaque maison s'apprete a accueillir Lakshmi, deesse de la richesse. Les pas de portes sont decores de dessins de maniere a l'attirer dans leurs foyers, les portes s'ornent de guirlandes de tagettes, et les paillassons debordent d'offandes. A la tombee, des milliers de bougies au beurre s'allument, creant un spectacle completement feeerique. Et d'autant plus utile que la ville a ete privee d'electricite cette nuit-la.
Le lendemain, tout le monde a Bakhtapur mange son Juju Dhaub, ou Roi des yaourts. Ils le preparent dans de grands pots de terre cuite, et en vendent absolument partout. C'est le seul endroit du Nepal ou l'on en trouve, et nous avons croise des gens venant de loin pour en acheter a l'occasion des fetes. On ne sait toujours pas s'il a ete couronne Roi des yaourts parce qu'il est (vraiment!) le meilleur ou tout simplement parce qu'il a tendance a dicter sa loi aux intestins fragiles.
Il ne nous aura en tout cas pas empeche de poursuivre notre route jusqu'a Bouddha. Autre ville, autre ambiance. On passe de l'hindousime traditionnel au bouddhisme fervent. Bouddha est l'un des seuls lieux au mnde ou la culture tibetaine peut s'epanouir librement. Elle abrite la plus grande stupa du Nepal (du monde?) Il y regne une serenite contagieuse, a laquelle nous n'avons pas ete insensibles. Nous avons eu la chance de loger juste derriere un monastere gigantesque, le poste d'observation ideal pour observer moines et moinillons dans leur vie quotidienne. Si certains ont l'oeil lubrique, d'autres prient passionement tandis que leurs confreres s'adonnent a des rites punitifs : l'un donne des claques en riant, l'autre les accepte sans broncher. On a peut-etre pas compris le sens profond de la manoeuvre mais ca nous a bien fait rire. Apres ce climat paisible, retour au tumulte de Kathmandu pour nos derniers jours ensemble. Chouettes restos, courses, glande au soleil, temples par-ci par-la, juste ce qu'il faut.
Demain Baptiste repart. Moi je me dirigerai vers la frontiere indienne, le coeur gros.
C'est un autre voyage qui commence!
4 commentaires:
Les colliers de tagettes, les pigments, les bougies et même le petit chien bâtard, voilà qui met un peu de couleur dans la morosité du Nord...
Tant de choses qui vont te donner des idées, des idées et encore des idées pour tous les mois à venir !
allé cloyé! encore encore! tout cela nous passionne bien plus que nos longues ballades dans d'immenses couloirs...on pense bien à toi! MC&co
Salut,cela fait plaisir de te lire.Merci à toi de nous faire partager tes vacances.Tes commentaires sont précis,plein d'humours et rigolos, parfois à te lire on croirait y être! Fais nous encore rêver et prends bien soin de toi! Bisous. A+.
Sur les traces du yetis:
j ai trouve une reponse au sens profond du rite "punititif".... Ce rite a pour but d exercer les moines novices a guarder leur esprit lucide et clair en toute circonstance...
Le novice apres avoir recu son diplome, prononce un discours devant son maitre et des sages spirituels...Et, pour tester son niveau de calme mentale, le moine novice est allonge par terre et celui ci doit repondre a des questions philosophiques bouddhistes profondes qui lui sont posees de maniere agressive (mimes physiquement et oralement)par trois maitres spirituels...
J ai pas encore trouve le yeti...
Enregistrer un commentaire