Sacres Annapurnas 2eme partie: Camp de Base des Annapurnas
Etant donne que nous sommes alles plus vite que prevu pour faire le tour des Annapurnas, j'ai donc decide d'enchainer immediatement avec le trek vers le Camp de Base des Annapurnas, ou Sanctuaire des Annapurnas. Mon compagnon de route, epuise, et apres moult tergiversations, a decide de ne pas m'accompagner mais de rejoindre Pokhara et toutes ses tentations. Dans le fond, ca faisait bien mon affaire. J'avais envie de me retrouver seule, de pouvoir avancer a mon rythme.
Mais c'est certain que le trek toute seule, c'est nettement plus l'aventure... Tout devient plus complique mais en meme temps plus rigolo. On ne peut raler que sur soi-meme quand on se perd. On peut choisir quand on s'arrete, combien de temps, et si la pause "the et biscuits" se transforme en lunch, c'est bien aussi. Ca s'est un peu corse lors des passages dans la jungle. Des ennemis partout! Les sangsues, d'abord, qui se laissent insidieusement tomber des arbres puis se faufilent sous le t-shirt ou dans les chaussettes.
Je les deteste. Les insectes, ensuites; moustiques, araignees geantes, grillons qui font tellement de bruits que ca en devient assourdisant (je comprends mieux ces pauvres patients qui souffrent d'acouphenes...). Les singes, enfin. Partout, je les entendais crier, sans jamais les voir. Je craignais de me faire attaquer et voler mes derniers biscuits, et c'est a peine si j'osais faire une pause-pipi, de peur de me faire violer par un gros babouin. Bien decidee a me defendre en cas d'attaque,
je n'ai rien trouve de mieux que de m'armer d'un gourdin (completement parano, la fille). Tres satisfaite de ma trouvaille et toute a mes pensees defensives, je n'ai pas vu l'embranchement sur la gauche et me suis peu a peu enfoncee dans des chemins de + en + petits, jusqu'a ce que je me retrouve les 4 fers en l'air dans la boue! Je n'ai pu m'empecher d'eclater de rire, assise dans la gadoue, armee de mon gourdin, perdue dans le brouillard de cette foret compacte. Heureusement, tout s'est vite arrange, j'ai retrouve mon chemin, j'ai abandonne mon gourdin, je ne me suis pas fait attaquer par les singes, j'ai evite les sangsues, et j'ai continue ma route, toute contente d'avoir survecu a cette grande aventure (!!!).
Au matin du 3eme jour, lever vers 4 heures pour partir, avec mes compagnons australo-americains, sous le ciel etoile (plein d'etoiles filantes, plein de voeux), pour atteindre le Camp de Base des Annapurnas. Lever du soleil face a ces montagnes spectaculaires, tres impressionnant. Tous les moments difficiles du trek sont oublies face a tant de beaute. En plus, nous avons eu de la chance,
car en redescendant vers le camp de base du Macchapuchre, un peu plus bas, le brouillard est tombe et l'on y voyait plus rien. Ca donnait une petite touche nostalgique, genre fin de trekking... Les 3 derniers jours ont ete pourtant tres riches. Quand on marche seule, on parle a tout le monde, on a le temps de reflechir, aussi.
Et comme je passais par une route moins frequentee, les gens etaient tout contents de voir arriver une marcheuse. A vrai dure, les Nepalais, et plus encore les Nepalaises, sont de grands bavards.
En general je n'etais pas assise depuis 5 minutes qu'on venait me parler, surtout les femmes. Et c'est comme ca que, petit a petit, et sans rien demander, je suis entree dans l'intimite des familles. Ca commencait en general par la presentation des enfants, voire de la grand-mere, puis on me montrait les photos de famille, et souvent ca se terminait dans la cuisine. Tout ce que j'aime, quoi...
Neanmoins, vers la fin, je sentais qu'il etait temps que je rentre a Pokhara. Mes 2 t-shirts et mes 3 paires de chaussettes teanient debout tout seuls, le reste de mes vetements etait humide, ma serviette puait le moisi, et moi, j'etais dans un etat de crasse rarement atteint. Mais malgre tout ca, malgre aussi l'humidite et la chaleur, la route a travers les rizieres et les champs de millet m'a semblee tellement belle. Et puis quel bonheur de retrouver Pokhara et tout le confort qu'offre la vie en ville...
Au total, 280 km parcourus dans l'Himalaya, plus de 6000 metres de denivele postif, quelle belle aventure! Je remets ca tout bientot, dans le Langtang et l'Helambu, avec Baptiste qui arrive dans 5 jours (si vous avez des colis a me faire parvenir, c'est le moment : baptistehupin@hotmail.com, ou 0478/54.35.85)
1 commentaire:
une médaille, ça passe la douane? Oh, et puis non je me la garde. Pour parler de moi (et Aymeric), 3h45 pile. Bisous (y de Auxi tambien)
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