dimanche 12 octobre 2008

Provencale Bandipur

Tu verras, me disait un Londonien qui a vecu la-bas, Bandipur c'est comme la Provence...
Pas de champs de lavande, pas d'oliviers, de melons. Pas de grandes masures aux volets bleus. Pas de vin, pas d'accent chantant.
De provencal, il n'y avait que la chaleur et les grillons.

Mais apres Gorkha, c'etait un reve! On dirait que le temps s'est arrete il y a 200 ans dans cette petite bourgade. La toute grande majorite des rues est fermee aux vehicules. Pas de voitures, pas de rickshaws ni de motos, pas de klaxons, il y fait tellement paisible... Un vrai joyau d'architecture newar. Grandes maisons en bois, volets sculptes, temples colores. Pas de sang (ou si peu...) En flanant dans les rues, on croise des enfants qui ne demandent ni stylo, ni roupies, ni photos, les habitants sont tout sourire, se balladent en famille, profitant des vacances. Les environs sont magnifiques, et, au loin, on a parfois la chance d'apercevoir les Annapurnas et la Macchapucchre. Au bout du village, une grande plaine, autrefois lieu de foires et marches, est bordee de 5 figuiers gigantesques, d'ou j'ai assiste a un lever de soleil inoubliable (meme si un peu nuageux).

J'y ai finalement passe 3 jours, au calme, avant d'etre confrontee a Katmandou que l'on m'a decrite comme polluee, bruyante, sale et invivable.
Le trajet de Bandipur a Katmandou, qui devait durer 3-4 heures seulement, toujours a cause des vacances (tout le pays est litteralement a l'arret durant une semaine), aura finalement pris toute la journee.
Depart vers 8h30, adieu aux francais avec qui j'ai passe une soiree ou on a beaucoup ri la veille, pour trouver une jeep ou un bus qui descend jusqu'au croisement avec la route Pokhara-Kathmandu. Comme d'habitude, il faut attendre que la jeep soit remplie; une bonne demi-heure.
Arrivee a la grosse route, je me decide a prendre non un de ces mini-bus qui tombe en morceaux, mais un gros bus, plus solide en cas d'accidents, qui manifestement sont tres frequents par la. Ils m'ont fait peur, ces Francais, avec leurs bus coupes en 2, leurs carcasses au fond du precipice etc etc. Attendre le gros bus, donc. Encore une demi-heure avant d'embarquer et de payer le gros prix... On me promet que dans 3 heures je serai a bon port. C'est deja ca...
Apres un bon quart d'heure de route, on s'arrete. Derriere une file interminable de bus. Personne ne reagit. J'essaie quand-meme de me renseigner, et finalement j'apprends que, suite au deces d'un habitant la veille (encore un accident!), les habitants de Mugling ont ferme la ville. Barre la route. Impossible de dire combien de temps ca va durer. Personne ne bronche, dans le bus. Au bout d'une bonne heure d'attente, je me decide a quitter mon gros bus anti-accident, et de partir avec mon sac. Ca valait bien la peine de payer 3 fois plus cher...
Je parcours plusieurs km de vehicules en file, tous a l'arret. Plus on avance, plus les gens se sont organises. Pic-nic, vendeurs de nourriture en tous genres, joueurs de cartes, manifestement, on s'apprete a passer la nuit ici. D'autres par contre se sont decides comme moi a passer le barrage a pied. Un veritable exode. Des familles entieres, avec bebes, chevres, poules, vieillards, paquets, sacs de riz, tout est trimballe vaille que vaille sur le dos, la tete, les epaules. On improvise des charettes avec des roues de velo, c'ste une veritable cohue. Une fois au barrage, l'ambiance est tres tendue. 4-5 flics en gilet pare-balles, des jeunes avec des batons, tous les magasins fermes et du monde partout. On me regarde bizarrement, j'essaie de me fondre dans la foule. De l'autre cote du barrage, c'est la meme chose : des Nepalais completement detendus et des kilometres de bus a l'arret. Je me dis qu'il y en a bien un parmi ceux-la, gros ou pas, qui se decidera a faire demi-tour et a repartir vers Kathmandu. Apres de longues discussions, j'ai finalement trouve une petite place dans un de ces mini-bus que je m'etais jure que je ne prendrais pas. Mais bon... Entasses a 31 dans un vehicule prevu pour 12, moi dos a la route avec un mal d'auto terrible, en face de moi une femme vomit tripes et boyaux (voila ce qui arrive quand on se gave de poumons farcis, la pauvre), dans de petits sacs en plastique que l'adjoint au chauffeur a la gentillesse de distribuer a la ronde. On dirait que c'est contagieux...
Au bout du compte, j'y suis quand-meme arrivee, a Kathmandu.
Qui du coup, m'a paru tellement plus agreable que ce que l'on m'avait predit. Oui, il y a du monde et c'est pollue, mais quelle ville! Incroyable!
Et puis, aujourd'hui, je vais retrouver Baptiste...

Aucun commentaire: