jeudi 1 janvier 2009

Le mot de la fin

Allez, pour terminer en beauté, et comme s'il n'y en avait pas eu assez, une dernière petite aventure...
Mon arrivée et mon séjour a Delhi se sont passés a merveille. Moi qui gardais le souvenir d'une ville bruyante, agitée et polluée, j'ai été agréablement surprise. Probablement que les 3 mois et demi de klaxons, de puanteur et d'arnaqueurs en tous genre m'ont immunisée...
Excellente fin de séjour donc, juste ce qu'il fallait pour me donner vraiment envie de rentrer. Mon vol était prévu pour la nuit du 29 au 30, a 2 heures du matin. C'était sans compter le brouillard qui a recouvert Delhi. Au moment d'embarquer, les vols étaient annulés les uns après les autres... Sauf le mien! Toute contente donc, j'embarque (avec déjà une bonne heure de retard dans l'avion). Après 2 heures d'attente au sol, le pilote a finalement déclaré qu'on ne pourrait pas décoller, et on nous a gentiment priés de sortir. Le départ aurait lieu a 16h30, soit 12h30 plus tard que prévu. Tout à coup j'ai réalisé combien j'étais impatiente de rentrer, d'être enfin chez moi, de revoir ceux que j'aime. Et ces heures supplémentaires m'ont parues insurmontables. Moi qui me sentais si forte, qui avait affronté la misère, la solitude, les trajets interminables, les toilettes immondes, les repas immangeables, les chiens méchants, les regards incessants des Indiens et le vomi dans le train, je ne me sentais plus capable de tenir le coup ne fut-ce que quelques heures de plus dans ce pays. Sans compter que j'avais dépensé mes dernières roupies à l'aéroport et que, un peu distraite, j'avais laissé ma Master Card dans mon gros sac à dos (qui était dans la soute...). Plus un rond, donc, même pas de quoi téléphoner à Bruxelles...
Heureusement, la compagnie a vraiment assuré. On a été emmenés à l'hôtel Oberoi, soit un des plus beaux palaces de Delhi. Après mes nuits en dortoirs pourris à 2 euros, le contraste était assez saisissant. Malgré mon désespoir, je n'ai pu m'empêcher de m'émerveiller: un lit moelleux avec 8 coussins rien que pour moi, une salle de bains impeccable avec une baignoire immense, un écran plat où j'ai pu zapper à gogo depuis mon lit, du thé à disposition, une moquette tendre au sol et une propreté irréprochable. Mais malgré tout ça, je ne suis parvenue à dormir que 2-3 heures. Somptueux petit déjeuner, puis re-transfert à l'aéroport. Quand on a finalement décollé, j'étais franchement soulagée. Mais quand, arrivée à Zurich le 30 vers 22h on m'a annoncé qu'il n'y avait plus de vols pour Bruxelles, j'étais au bord du désespoir. Pour compenser tout ça, ils m'ont offert une nuit au Radisson. Encore mieux que le précédent...
Finalement, je suis arrivée à Zaventem avec 24 heures de retard, j'ai eu droit à un accueil magistral à l'aéroport, plus personne et pas même moi ne croyant plus trop à mon retour.
Maintenant ça fait 1 jour que je suis rentrée. J'ai très froid et la vie à Bruxelles me parait survoltée, mais à part ça, je suis enchantée d'être là. J'ai pu faire tout ce dont je rêvais: écouter le journal parlé, ouvrir le frigo et m'y servir, passer l'après-midi à glander avec mes amis, faire du patin sur les étnags gelés, mettre une robe avec des bottes, lancer une machine à laver, admirer ma nouvelle petite nièce, dormir dans mon lit bien chaud.
Demain je reprends le travail. Je ne suis pas encore nostalgique et je n'aurai pas le temps de l'être.
C'est la fin d'une belle histoire, et qui se termine bien, en plus.
C'est aussi la fin du blog. Jamais je n'aurais imaginé qu'il serait l'objet d'un tel enthousiasme. Jamais non plus je n'aurais imaginé combien je m'amuserais à le rédiger. C'était mon lien avec ma vie à Bruxelles, un formidable exutoire et surtout, au travers des mots que j'ai du trouver, la plus belle manière de réaliser la chance que j'avais de vivre ce que je vivais.
Merci a vous tous, mes fidèles lecteurs, connus et inconnus, anonymes et parfois insoupçonnés, c'est grâce à vous que tout ça a été possible. Merci aussi pour vos mails si nombreux qui ont fait que je ne me suis jamais véritablement sentie seule!