Kochi (ou Cochin, ou Fort Cochin) est une ville pas comme les autres. Elle est formee de toute une serie d'iles, reliees entre elles par des ferries. C'est ici qu'est concentree une grande partie de l'activite culturelle du Kerala, et, au detour d'une ruelle, il n'est pas rare de tomber sur une petite galerie d'art, avec expositions de photos, de peinture et d'art pictural parfois tres avant-gardiste... Tous les soirs, on peut assister a des concerts de musique classique ou a des spectacles de danse. Partout, de petits cafes branches, ou l'on sert des plats bio a l'occidentale : quiche aux epinards, toasts de pain complet, gateau aux carottes, etc etc. Un vrai plaisir.
Mais Kochi, c'est aussi le plus grand port du Kerala.
Des camions debordants de marchandises debarquent sacs de the, d'epices ou de piments qui seront ensuite charges sur de gros containers. Dans le port, des pecheurs vendent leur poisson, que l'on peut ensuite faire cuire, a sa mode, dans un des petits restos le long de l'eau. Entre les iles circulent d'immenses cargos et, au large, on apercoit meme des navires de guerre. Il y a une ambiance du tonnerre.
C'est ici, sur la Cote de Malabar, qu'a debarque, en 1502, Vasco de Gama. La ville, auparavant, avait deja ete decouverte par les Chinois et les Arabes qui y ont laisse quelques traces (entre autres les immenses filets de peche -carrelets-, toujours presents, manipules par 5 a 8 hommes a la fois, et qui sont l'embleme de la villle).
Une grosse communaute juive, fuyant les persecutions, y avait aussi trouve refuge. Tres vite, les Portugais, realisant la richesse de la region, et avec l'appui des Rajas du coin, y ont ouvert un comptoir. Par la suite, ils ont entame une grande campagne de christianisation, qui a d'ailleurs ete fort efficace. La majorite des Juifs se sont enfuis (!) et actuellement, 20% de la population du Kerala est chretienne. Partout, d'ailleurs, fleurissent de petites chapelles, tout aussi kitsch que leurs temples hindous. Au 17eme siecle, ce sont les Hollandais qui prennent le controle de la ville suivis, 150 ans plus tard, par les Anglais. On trouve donc des temples hindouistes, des palais hollandais, des eglises et une maison du cure, des restos chinois, une charmante synagogue au milieu du quartier juif, et le matin, on est reveille par le chant du muezzin. Ces vagues successives ont permi un essor exceptionnel de la ville qui est devenue l'un des plus grands centres du commerce d'epices.
Autant dire que la ville est riche, culturellement, architecturalement, et riche tout court!
Il y regne une ambiance comme nulle part ailleurs en Inde, tellement relax...
J'ai adore me ballader dans le port, assister au chargement de ces enormes sacs d'epices, aller d'ile en ile dans les ferries, explorer la plage deserte, boire un bon cafe avec des petits biscuits, flaner dans les expos, prendre le temps de parler avec les Indiens des attentats de Bombay. Une bonne bulle d'air et de chaleur avant d'affronter le "grand froid" des plantations de the et d'epices. J'espere y faire un peu de trekking, voire visiter un ou deux parcs nationaux (pour voir des elephants ou meme un tigre!), ca dependra de mes rencontres. Pas de nouvelles avant quelques jours donc!
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