Le simple fait de retrouver Calcutta etait une joie en soi. Cette ville a,
Contrairement a la fois precedente, je n'ai fait aucun soins medicaux cette fois-ci. Il y avait plethore de medecins et d'infirmieres, par contre personne n'aimait amener les seaux de vetements mouilles du rez-de-chaussee ou on faisait la lessive jusque sur le toit, ou on pendait le linge, deux etages plus haut. J'ai aussi achete du vernis a ongles et de la creme et ai passe des heures a faire les ongles des patientes. Elles adorent! Ca peut paraitre un peu absurde qu'apres 12 ans d'etudes j'en sois reduite a porter des seaux de linge et a jouer les estheticiennes, mais dans le fond, si c'est comme ca que j'etais la plus utile pourquoi pas. Il est certain par contre que le fantasme d'aller "sauver les malheureux Indiens de la misere" en prend un coup... Une bonne lecon d'humilite...
Le soir du 24, tous les volontaires etaient invites a la maison de Mere Theresa. La soiree commencait par une piece de theatre montee par quelques volontaires. J'y ai obtenu un role sur mesure: celui de la Vierge Marie! On a bien rigole en tout cas. Mais pas autant que les soeurs. Elles qui vivent une vie tellement stricte, sans television, sans internet, sans fous-rire, le seul soir ou elles peuvent se lacher un peu, c'est le 24 decembre. Elles rayonnaient. Une des soeurs qui participait a la realisation de la piece m'a dit qu'apres, les soeurs etaient tellement excitees qu'elles avaient discute jusqu'a deux heures du matin. Manifestement, ca ne doit pas arriver souvent. La piece etait suivie de la messe de minuit. C'etait magnifique. L'eglise etait bondee, moitie soeurs et moitie volontaires. Une chorale splendide. Apres, on a ete invites a une petite reception ou elles offraient du chocolat chaud et du cake aux mouches. C'etait tres mauvais, mais tellement chaleureux...
Entretemps il etait presque minuit. Entre volontaires, on avait prevu de quoi terminer la soiree en beaute. On avait loue le toit d'un hotel afin de pouvoir s'y retrouver tous ensemble pour un verre. Au depart, on etait un petit groupe, mais finalement l'idee a remporte un tel succes qu'on avait 75 inscrits, et au moins autant qui se sont rajoutes en derniere minute. Tout s'est deroule tellement facilement. Deux jours avant, on a designe une equipe deco, une equipe cuisine, une equipe materiel, et une equipe boissons. En une heure, tout etait regle. Je me suis proposee comme responsable des boissons, et, avec ma copine Suisse et mon copain Italien, on leur a concocte un ponch au jus de fruits frais. Quarante litres, quand-meme... Meme les plus coinces se sont vite sentis a l'aise... Parmi les invites, il y avait des musiciens, et
on a eu droit a un concert qui a dure jusqu'au petit matin. Ce que j'ai trouve vraiment genial, c'est la maniere dont chacun s'est investi pour que ce soit une vraie reussite. Il y avait des gens de partout et de tous les ages; Europeens bien sur, mais aussi des Japonais et des Coreens, quelques Israeliens, des Australiens, et des Indiens qui passaient par la. Des vieux, des jeunes, des touristes qui sont arrives la veille et certains qui sont en Inde depuis 3 ans. Certains habilles en costume-cravate, d'autres en pantalon d'Ali
Baba et t-shirt a trous, certaines meme en sari. En tout cas, plein de gens que je n'aurais pas rencontre autrement. Une vraie auberge espagnole. Il regne a Calcutta, de maniere generale, une ambiance tres "Erasmus". On travaille dur la journee puis on sort comme des fous le soir. On discute pendant des heures sur le toit-terrasse de l'hotel, au son de la guitare et des tablas, alors qu'on sait bien qu'il va falloir se lever a 5h30 le lendemain. On est tous creves, mais on rigole tellement que ca n'a aucune importance.
Certains avaient prevu des petits cadeaux. Moi j'offrais des t-shirts, des produits de beaute, des bracelets. J'ai recu des autocollants avec Jesus dessus, un petit livre sur Mere Theresa, d
es images pieuses et de petites medailles religieuses... On va dire que c'est l'intention qui compte...
Le 25, par contre, ressemblait plutot a un Premier de l'An, avec mal de tete, teint verdatre et valises sous les yeux... On a malgre tout joue au Pere Noel. Grace a l'argent que certains d'entre vous m'avaient envoye (merci merci merci!), j'ai pu ac
heter 250 bonnets. A notre trio Italo-Belgo-Suisse s'est ajoute un Chilien, et aussi un gars qu'on a trouve dans la rue pour servir d'interprete. On a pris un taxi et on a parcouru les rues de la ville. Des qu'on voyait quelqu'un qui dormait par terre, un mendiant ou une famille qui habitait sur le trottoir, on s'arretait, on sortait du taxi et on leur filait des bonnets. C'etait genial. Mais parfois terriblement frustrant aussi. Aux endroits ou il y avait beaucoup de monde, les gens se ruaient sur nous, dechiraient le sac de bonnets, s'accrochaient a nos bras, arrachaient meme nos vetements. Certains se disputaient, se frappaient, juste pour avoir un bonnet. Il fallait alors foncer vers le taxi et demarrer au quart de tour car ils auraient vraiment fait n'importe quoi pour avoir quelques bonnets supplementaires... Heureusement, il y avait une super ambiance entre nous, et on s'en est tires avec seulement un t-shirt dechire, mais completement epuises.
Entretemps il etait presque minuit. Entre volontaires, on avait prevu de quoi terminer la soiree en beaute. On avait loue le toit d'un hotel afin de pouvoir s'y retrouver tous ensemble pour un verre. Au depart, on etait un petit groupe, mais finalement l'idee a remporte un tel succes qu'on avait 75 inscrits, et au moins autant qui se sont rajoutes en derniere minute. Tout s'est deroule tellement facilement. Deux jours avant, on a designe une equipe deco, une equipe cuisine, une equipe materiel, et une equipe boissons. En une heure, tout etait regle. Je me suis proposee comme responsable des boissons, et, avec ma copine Suisse et mon copain Italien, on leur a concocte un ponch au jus de fruits frais. Quarante litres, quand-meme... Meme les plus coinces se sont vite sentis a l'aise... Parmi les invites, il y avait des musiciens, et
Certains avaient prevu des petits cadeaux. Moi j'offrais des t-shirts, des produits de beaute, des bracelets. J'ai recu des autocollants avec Jesus dessus, un petit livre sur Mere Theresa, d
Le 25, par contre, ressemblait plutot a un Premier de l'An, avec mal de tete, teint verdatre et valises sous les yeux... On a malgre tout joue au Pere Noel. Grace a l'argent que certains d'entre vous m'avaient envoye (merci merci merci!), j'ai pu ac
Le point d'orgue de cette semaine aura ete la representation de notre piece de theatre dans un couvent de Carmelites. Ces femmes ont fait voeu de vivre cloitrees, mais une fois par an, elles ont droit a une petite distraction, la piece de theatre. En dehors de ca, elles ne voient personne tout au long de l'annee! Elles ont decide de consacrer leur vie entiere a la priere. Chaque jour leur parviennent des dizaines d'intentions de priere, provenant (de maniere surprenante!) principalement de non-Chretiens. Musulmans, Sikhs, Jains, Hindous. Elles ne peuvent se parler que 2 heures par jour. Jamais je n'oublierai leurs visages durant la piece. Tant de joie... Elles nous ont invite a prendre
le the avec elles, on a discute longtemps, et j'ai vraiment ete surprise de voir combien ces femmes cloitrees etaient ouvertes, intelligentes et meme modernes! En tant que Marie, en plus, j'etais consideree comme la star du jour, et mon bebe Jesus a eu un succes fou. Toutes voulaient le prendre dans leurs bras...
Si on m'avait dit il y a 4 mois que je terminerais mon voyage en Inde en portant des seaux de 15 kg de vieux vetements, j'aurais rigole. Si on m'avait dit que j'allais jouer le role de la Vierge Marie dans une piece de theatre, que j'allais aimer ca et meme m'en sentir honoree, je n'y aurais pas cru. Et si on m'avait dit que le moment le plus fort de mes dernieres semaines serait de lire la joie sur les visages de quelques Carmelites, je pense que je ne serais pas partie...
Je ne sais toujours pas vraiment ce que je suis venue chercher ici. Mais ce qui est certain, c'est que j'ai decouvert en Inde des choses auxquelles je ne m'attendais absolument pas. Et que le bonheur n'est peut-etre pas toujours ou on pense le trouver.
Ce soir, nous organisons une petite fete pour mon depart, entre volontaires. Demain, je prends l'avion pour Delhi ou il me restera un jour et demi pour me reposer enfin, et faire un peu les boutiques. Ce sera une bonne transition avant de rentrer. Et ce sera tellement court que je n'aurai pas le temps d'avoir le cafard. Peut-etre que pour une fois, Delhi me paraitra agreable...
Si on m'avait dit il y a 4 mois que je terminerais mon voyage en Inde en portant des seaux de 15 kg de vieux vetements, j'aurais rigole. Si on m'avait dit que j'allais jouer le role de la Vierge Marie dans une piece de theatre, que j'allais aimer ca et meme m'en sentir honoree, je n'y aurais pas cru. Et si on m'avait dit que le moment le plus fort de mes dernieres semaines serait de lire la joie sur les visages de quelques Carmelites, je pense que je ne serais pas partie...
Je ne sais toujours pas vraiment ce que je suis venue chercher ici. Mais ce qui est certain, c'est que j'ai decouvert en Inde des choses auxquelles je ne m'attendais absolument pas. Et que le bonheur n'est peut-etre pas toujours ou on pense le trouver.
Ce soir, nous organisons une petite fete pour mon depart, entre volontaires. Demain, je prends l'avion pour Delhi ou il me restera un jour et demi pour me reposer enfin, et faire un peu les boutiques. Ce sera une bonne transition avant de rentrer. Et ce sera tellement court que je n'aurai pas le temps d'avoir le cafard. Peut-etre que pour une fois, Delhi me paraitra agreable...
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