mardi 4 novembre 2008

Varanasi

Varanasi, ancienne Benares, est l'une des villes les plus saintes de l'Inde. Ce lieu de passage entre le monde physique et spirituel accueille chaque jour 50.000 pelerins hindous qui viennent y laver leurs peches dans le Gange, voire, pour certains, y mourir. Le long des ghats (quais) sont accomplis divers rites purificatoires (bains rituels, prieres, offrandes de fleurs ou de petites bougies qui flottent sur l'eau) mais aussi les cremations. Ainsi, pres de 400 corps sont incineres ici quotidiennement. On dit que ceux qui ont la chance de mourir a Varanasi peuvent atteindre le moksha, soit la fin du cycle des reincarnations. Comme a Pashupatinath, pres de Kathmandu, les ceremonies sont sobres et donnent un apercu de la culture hindoue dans ses rites les plus intimes. Si j'ai ete impressionnee par les buchers, je l'ai ete encore plus par les gigantesques tas de bois qui bordent les ghats. C'est une drole d'ambiance, d'autant qu'outre les cremations, les pelerins, riverains et saddhus se livrent a une variete incroyable d'occupations, allant du dressage de serpents a la pratique du yoga, du lavage du linge ou des buffles au jeu de cricket, du massage vigoureux a l'amelioration de son karama par une offrande. A l'aube et au crepuscules, les femmes font une petite puja, priere pour la prosperite de leurs familles (ou la paix des menages?), et deposent une bougie, des batons d'encens ou quelques fleurs le long de l'eau, fleurs qui n'y restent en general pas plus de 5 minutes avant d'etre englouties par les chevres.
Une fois que l'on quitte les ghats, on arrive au coeur de la vieille ville, qui n'est en fait qu'un enorme bazar. Dans le lacis des ruelles (qui font rarement plus d'un metre de large) on trouve cote a cote des vendeurs de jouets, d'objets sacres, de friandises, de casseroles, de soies, d'autocollants ou de produits d'entretien. C'est un veritable embouteillage d'humains, de motos et d'animaux en tous genres. Chiens peles, rats d'egout, vaches sacrees, chevres fameliques, il y en a pour tous les gouts. Ici, pas besoin de trier les poubelles, ni meme de les sortir, il suffit de tout jeter par la fenetre au fur et a mesure. La majorite des dechets sont alors manges par les animaux qui prennent un malin plaisir a chier dans les recoins ou les detritus n'ont pas encore envahis les trottoirs. Beaucoup de vaches meurent d'ailleurs d'occlusion intestinale apres avoir mange trop de sacs en plastique. Sachant que l'on est passable de prison si l'on tue une vache en voiture, faut-il incriminer les habitants de la ville qui sont responsables de leur mort longue et douloureuse? Tous les matins, les rues sont nettoyees, et toutes les crasses sont alors simplement jetees dans le Gange. C'est une catastrophe ecologique! Sans compter que, si les Hindous y dispersent leurs cendres, les Musulmans, eux, y jettent leurs defunts. Je n'ose imaginer a quoi ressemble le fond du fleuve.
Et malgre ca, on croise regulierement, en amont comme en aval, des pecheurs...

La ville, quoi qu'il en soit, ne peut laisser indifferent.

Malheureusement, j'ai mis un peu plus de temps que prevu a me remettre de ma Maladie de l'Oeuf et du depart de Baptiste. Pour la premiere fois en presque deux mois, je me suis sentie oppressee par toute cette foule, pas vraiment a ma place parmi tous ces pelerins, degoutee par la nourriture et exasperee par les propositions continues de tours en bateau, de petites fleurs a jeter a l'eau ou de massages en tous genres. Le vrai coup de blues, quoi...

Apres 2 jours, j'ai quitte Varanasi pour Bodgaya, petite ville bouddhiste bien plus calme. A peine dans le train, j'etais soulagee de ma decision et ravie de savoir que j'allais retrouver le calme des campagnes. Je n'ai pas ete decue.

lundi 3 novembre 2008

On the road again

Baptiste est donc parti...
Petite angoisse a l'idee d'etre seule a nouveau, de quitter le Nepal pour l'Inde. C'est vraiment un autre voyage qui commence.
Apres nos adieux matinaux (mais non moins dechirants), chacun est parti de son cote; Baptiste a 4h30 pour Delhi, et moi, plus simplement, et un peu plus tard, vers la gare des bus de Kathmandu. Quand j'ai fini par trouver le bus qui m'amenera a la frontiere indienne, se sont declares tout a coup les premiers symptomes de la Maladie de l'Oeuf. Pour ceux qui ont deja experimente ce mal atroce, pas besoin de le decrire. Pour les autres, ils n'ont qu'a imaginer...
J'etais en train de me demander si la meilleure solution consistait a vomir par la fenetre du bus, au risque de tout me prendre dans la figure, ou dans un sac en plastique que je n'avais pas sous la main, quand est venu s'asseoir a cote de moi un superbe londonien aux yeux verts, drole, souriant et bavard. C'est bien ma veine. Pour une fois qu'il y a un beau mec dans l'histoire, moi je suis couleur olive, les yeux vitreux, et avec une seule idee qui tourne en rond dans ma tete : par la fenetre ou dans le sac en plastique? Nous avons fait toute la route cote a cote (12 heures infernales) jusqu'a la frontiere avec les joies habituelles liees a ce genre de trajet; pneu creve, moteur qui fume, arrets toutes les 5 minutes pour faire descendre ou monter quelqu'un, paquet qui tombe du toit etc etc etc. Nous avons finalement passe la frontiere vers 18 heures, dans le noir, entoures de douaniers ivres; triste adieu a ce pays que j'ai tant aime et ou j'ai ete si heureuse. Nous voulions tous 2 atteindre Varanasi au plus vite, mais pour ma part, j'aurais bien dormi dans la premiere guest house de l'autre cote de la frontiere. D'un autre cote, l'endroit etait tellement glauque et cafardeux, que j'ai decide de suivre mon compagnon d'infortune. Vu mon etat, il est alle seul s'arranger pour la suite du trajet. Il est revenu tout content 20 minutes plus tard, brandissant fierement des voucher pour un bus suivi d'un train de nuit qui nous menerait a Varanasi ou nous serions arrives pour le lever du soleil sur le Gange. C'est cher, me dit-il, mais au moins on voyagera dans de bonnes conditions. Optimiste, en plus, le jeune homme! Mais tellement naif...
3 heures de bus et 6 passages aux toilettes plus tard, nous voila dans la gare bondee de Gorakhpur. Il est impossible de marcher, partout des gens dorment par terre, familles entieres, femmes enceinte, bebes, vieillards. C'est terrible.
Bien sur, le coup des voucher, c'etait de l'arnaque. Il n'y avait pas de couchette reservee a notre nom, pas de bonhomme qui nous attendait au guichet 380. Ca paraissait evident, non? Dans le fond, ca m'arrangeait, j'allais trouver une guest house, dormir quelques heures puis repartir, reposee et guerie. C'etait sans compter sans la tenacite du beau gosse qui, quelques minutes plus tard, est revenu triomphamt. Il avait trouve des tickets. Mais en "general". Ce qui signifie "ou l'on trouve de la place". Nous voici donc, a 23h10, sur le quai, a nous ruer comme tous les autres dans le train, afin de prendre d'assaut les quelques wagons reserves aux malheureux comme nous. J'ai finalement ete contente de trouver une place assise. C'est vrai que nous etions a 6 sur une banquette (en bois, toute dure) prevue pour 3, mais au moins on etait pas devant la porte des toilettes qui ne ferme plus et exhale un fumet pestilentiel tout au long de la nuit...
Avec, en tete, toujours la meme litanie : par la fenetre ou dans le sac en plastique? Sachant qu'entre la fenetre et moi, il y avait 2 personnes, je n'avais pas vraiment le choix...
Nuit fievreuse, voire torride, sans fermer l'oeil, non pas a cause de mon beau voisin mais bien de cette foutue Maladie de l'Oeuf (en version attenuee par rapport a certains episodes, neanmoins) et de l'incomfort surprenant de ces trains indiens.
Arrives a Varanasi, epuises (tous les 2), livide (moi) et au bord de la crise de nerfs (toujours moi), dans notre empressement a quitter cette cage a poules, nous nous sommes trompes de gare, puis avons pris un bus dans le mauvais sens, pour enfin se faire arnaquer par un chauffeur de rickshaw qui n'a jamais trouve la guest house ou nous avions prevu de dormir, et qui, quand nous y sommes enfin arrives, affichait complet.
A tous ceux qui m'envient de voyager, je peux vous dire que ce matin-la, c'est moi qui pensait a vous qui vous leviez simplement pour prendre votre voiture et rester coince 30 minutes dans les embouteillages avant d'entamer une journee au boulot avec sandwich beurre-salami et yaourt qui a coule dans le sac pour le pic-nic.
C'est vrai qu'apres ca, je suis tombee face au Gange.
Et que j'avais beau savoir a quoi m'attendre, j'en suis restee bouche bee.
Et j'ai pardonne d'un seul coup aux Indiens leurs arnaques, leurs trains bondes, leurs vaches qui se balladent partout et leurs toilettes qui puent.

jeudi 30 octobre 2008

Happy Dewali!

Happy Dewali!


Nous avons eu la chance de vivre les fetes de Tihar dans la vallee de Kathmandu. Ce festival, comme ils disent, dure 5 jours. Le premier, on honore les corbeaux en leur offrant du grain. Le deuxieme, jour de lumiere pour les batards, meme les horreurs les plus pelees du pays, qu'elles aient des puces ou des vers, se voient offrir colliers de fleurs, tikkas et gros os juteux. Les chiens sont senses guider les ames des morts vers l'au-dela. Le lendemain, ils retourenent a leur triste sort, tandis que vient le tour des vaches dont les cornes sont recouvertes d'or et d'argent. Honoree entre toutes, nous avons eu la chance de rencontrer la seule et unique vache a cinq pattes du royaume, trimballee sur un petit chariot, lui-meme tire par une Enfield, a grand renfort de musique criarde. Ensuite, place aux taureaux. Le dernier jour, qui est aussi celui du Nouvel An Newar, ce sont les freres et soeurs qui se doivent honneurs mutuels. Les soeurs offrent une tikka a leur frere (dans ce cas-ci, elle est faite de riz, de pigment rouge, de petales et de graines de tagettes, et d'un peu d'eau pour que ca colle bien), tandis qu'ils les gatent de petits presents. Durant toute cette periode, on consomme quantites de douceurs, allant du beignet bien gras a la barbapapa bien collante, en passant par un gateau sucre-sale qu'ils auraient mieux fait de reserver pour le jour des chiens. Si la ville est entierement animee par les fetes, decoree pour l'occasion de lumieres et de fleurs, les nombreux magasins sont neanmois fermes. Il regne une petite ambiance de lundi de Paques, ou de Premier de l'An, c'est selon.

Apres une visite du vieux Kathmandu et de Freak Street, ancien QG de tout hippie qui se respecte, nous avons retrouve Stefan, un ami de Baptiste, originaire de l'Alto Adige, qui vit a Patan depuis quelques semaines. Il nous a fait decouvrir un restaurant hors du commun mais surtout, le lendemain matin, nous a invites chez lui pour un brunch a l'italienne inimaginable en plein coeur du vieux Patan: pain frais, choco, fromage, yaourt, fruits, jus d'orange et comble du chic, un veritable cappuccino avec de la vraie mousse de lait. On en reve encore!

De Patan, nous sommes alles a Bakhtapur, une ville ou le temps semble s'etre arrete il y a 300 ans. Dans toutes les rues, les femmes font secher le riz et separent le bon grain de l'ivraie. Les ruelles s'emmelent autour d'une place a la richesse architecturale etonnante; des palais, des temples, des sculptures partout. Sans compter que nous avons eu la chance d'y passer la nuit de Tihar. Les petites filles, parees de leurs plus belles robes, passent de porte en porte en chantant. Chaque maison s'apprete a accueillir Lakshmi, deesse de la richesse. Les pas de portes sont decores de dessins de maniere a l'attirer dans leurs foyers, les portes s'ornent de guirlandes de tagettes, et les paillassons debordent d'offandes. A la tombee, des milliers de bougies au beurre s'allument, creant un spectacle completement feeerique. Et d'autant plus utile que la ville a ete privee d'electricite cette nuit-la.

Le lendemain, tout le monde a Bakhtapur mange son Juju Dhaub, ou Roi des yaourts. Ils le preparent dans de grands pots de terre cuite, et en vendent absolument partout. C'est le seul endroit du Nepal ou l'on en trouve, et nous avons croise des gens venant de loin pour en acheter a l'occasion des fetes. On ne sait toujours pas s'il a ete couronne Roi des yaourts parce qu'il est (vraiment!) le meilleur ou tout simplement parce qu'il a tendance a dicter sa loi aux intestins fragiles.


Il ne nous aura en tout cas pas empeche de poursuivre notre route jusqu'a Bouddha. Autre ville, autre ambiance. On passe de l'hindousime traditionnel au bouddhisme fervent. Bouddha est l'un des seuls lieux au mnde ou la culture tibetaine peut s'epanouir librement. Elle abrite la plus grande stupa du Nepal (du monde?) Il y regne une serenite contagieuse, a laquelle nous n'avons pas ete insensibles. Nous avons eu la chance de loger juste derriere un monastere gigantesque, le poste d'observation ideal pour observer moines et moinillons dans leur vie quotidienne. Si certains ont l'oeil lubrique, d'autres prient passionement tandis que leurs confreres s'adonnent a des rites punitifs : l'un donne des claques en riant, l'autre les accepte sans broncher. On a peut-etre pas compris le sens profond de la manoeuvre mais ca nous a bien fait rire.
Apres ce climat paisible, retour au tumulte de Kathmandu pour nos derniers jours ensemble. Chouettes restos, courses, glande au soleil, temples par-ci par-la, juste ce qu'il faut.

Demain Baptiste repart. Moi je me dirigerai vers la frontiere indienne, le coeur gros.

C'est un autre voyage qui commence!

mardi 28 octobre 2008

Gosaikund et Helambu


Si les lacs de Gosaikund et l’Helambu n’ont ni la splendeur du Lang Tang ni la richesse ethnique du Tamang, c’est neanmoins de cette partie-la du trek que nous garderons le meilleur souvenir. Fatigues par de longues journees de marche, transis par le froid, ivres d’altitude, nous avons ri comme des fous! Ce dernier troncon du trek est en fait un entonnoir ou toutes les personnes rencontrees depuis deux semaines reapparaissent comme par enchantement. Pour le meilleur et pour le pire, comme dans le scene finale d’un mauvais vaudeville a la nepalaise. Cet itineraire offre neanmoins de tres beaux paysages, des villages pleins de mysteres et une derniere occasion de profiter de la culture de ces peuples montagnards. Les lacs de Gosaikund, qui culminent a 4600 metres d’altitude sont parmis les plus eleves du monde. Ils nous l’ont bien fait sentir, en nous recompensant par quelques flocons et des temperatures polaires. C’est dans cette atmosphere glaciale que nous avons fait la plus mystique des rencontres du voyage : un Saddhu pieds nus dans la neige, qui se rechauffait autant par la flamme d’un feu de fortune que par les souvenirs delirants de ses voyages a Bagdad, Colombo et Jeddah, ponctues de glaviots et d’Hare Krishnas. Comme pour mieux nous achever, les derniers kilometres avant Kathmandu n’etaient que marches d’escaliers irregulieres, histoire d’attiser le desir de douche, de changer de vetements, de repos et d’une bonne crème brulee (que nous avons fini par trouver!). Le simple fait de revoir des bus, de l'eau chaude sortant de la douche, un vrai supermarche et une carte au restaurant (avec autre chose que du dal bhaat) nous rendait completement fous. La soiree de retour aura ete a la hauteur...

lundi 27 octobre 2008

Tamang

Le Tamang, sans guide? "De la folie", "Vous allez vous perdre", "Ils ne parlent pas un mot d'anglais" etc etc. On a quand-meme tente le coup... Et meme si on s'est parfois bien perdus, le fait d'etre rien qu'a nous deux nous a permis de decouvrir cette region a notre rythme et a notre maniere.
Dans certains villages, il n'y a meme pas de lodges. Nous avons donc mange dans les familles. Ce n'est pas bien complique, c'est du dal bhaat a chaque repas. Riz blanc, soupe de lentilles et curry de legumes: carottes, navets, haricots, pommes de terre, epinards-bettes, en fonction de ce qu'il y a dans le potager. C'est souvent tres bon, et on est pas tres difficiles -et la plupart du temps, affames-. Parfois, on trouve des petits biscuits, genre Marie (comme quand on etait petits), des Parle-G comme en Inde ou des petits biscuits a la noix de coco. Un vrai regal!
Les villages sont differents de ceux de la vallee du Lang Tang : belles maisons de bois sombre, surelevees afin que les animaux puissent passer la nuit au sous-sol, ornees de sculptures. Contrairement aussi au Lang Tang, il y a parfois l'electricite, ce qui ne les empeche pas de tous cuisiner au feu de bois. La majorite des familles ici sont tibetaines -la plupart en habit traditionnel-. Nous ne sommes d'ailleurs qu'a quelques kilometres de la frontiere. Ca a d'ailleurs ete l'occasion d'une grande deception.
A defaut de la passer, nous avons au moins voulu la voir, cette mythique frontiere, mais a quelques metres de la, nous nous sommes fait arreter par un militaire au regard menacant, mitraillette en bandouliere, qui repetait "NO!". On a pas insiste...
Apres le penible col de Naghtali (encore un endroit incroyable : guest house en bois peint bleu et blanc, panorama epoustouflant), c'est un toute autre paysage que nous decouvrons.
Ici, ce ne sont plus des Sherpas ou des Tibetains, bouddhistes, comme dans les vallees precedentes, mais des Tamang, hindouistes. Et beaucoup plus pauvres. Les villages semblent etre la depuis des centaines d'annees. En tant que touristes, nous sommes une veritable attraction. Personne ne parle anglais. Pour rejoindre Syabru Bhesi, la ville d'ou nous rejoindrons le trek de Gosaikund vers Kathmandu, une famille nous propose de les suivre car le chemin est complique. Nous avons du mal a suivre leur allure, malgre le fait qu'ils ne portent que des tongs, voire pour certains, sont carrement pieds nus. Nous traversons des champs de moutarde, de ble, des rizieres. C'est la periode des moissons, il y a plein de gens dans les champs, sur le chemin. C'est vraiment superbe.
Quand nous sommes arrives a Syabru Bhesi, premiere vraie "ville", avec un bus, des boutiques, un menu dans la guest house, on etait tout fous, meme si on savait que ce n'etait que pour une nuit, avant de repartir vers les lacs geles de Gosaikund...