vendredi 26 décembre 2008

Noel a Calcutta

L'idee de passer Noel a Calcutta est probablement la meilleure que j'ai eue depuis le debut du voyage. Je pensais faire ca calmement, en passant du temps avec les malades et les soeurs. Je regrettais les fetes que j'aurais pu faire a la plage, sans imaginer une seule seconde que ca pourrait etre vraiment la fete ici aussi...
Le simple fait de retrouver Calcutta etait une joie en soi. Cette ville a, malgre sa pollution, sa pauvrete et sa puanteur decidement beaucoup pour plaire. J'ai retrouve les soeurs qui m'ont fait un accueil tres chaleureux, tout comme les patientes. Contrairement a ce que je pensais, beaucoup m'ont reconnue, et certaines etaient meme en meilleur etat qu'il y a 6 semaines. Meme si ca prend du temps et que les progres sont minimes, ca donne un veritable sens au travail des volontaires et des soeurs... Bien sur beaucoup d'entre elles n'etaient plus la, mais ici la mort est apprehendee de maniere tres differente. C'est avant tout une liberation. Et donc ca devient moins triste.
Contrairement a la fois precedente, je n'ai fait aucun soins medicaux cette fois-ci. Il y avait plethore de medecins et d'infirmieres, par contre personne n'aimait amener les seaux de vetements mouilles du rez-de-chaussee ou on faisait la lessive jusque sur le toit, ou on pendait le linge, deux etages plus haut. J'ai aussi achete du vernis a ongles et de la creme et ai passe des heures a faire les ongles des patientes. Elles adorent! Ca peut paraitre un peu absurde qu'apres 12 ans d'etudes j'en sois reduite a porter des seaux de linge et a jouer les estheticiennes, mais dans le fond, si c'est comme ca que j'etais la plus utile pourquoi pas. Il est certain par contre que le fantasme d'aller "sauver les malheureux Indiens de la misere" en prend un coup... Une bonne lecon d'humilite...
Le soir du 24, tous les volontaires etaient invites a la maison de Mere Theresa. La soiree commencait par une piece de theatre montee par quelques volontaires. J'y ai obtenu un role sur mesure: celui de la Vierge Marie! On a bien rigole en tout cas. Mais pas autant que les soeurs. Elles qui vivent une vie tellement stricte, sans television, sans internet, sans fous-rire, le seul soir ou elles peuvent se lacher un peu, c'est le 24 decembre. Elles rayonnaient. Une des soeurs qui participait a la realisation de la piece m'a dit qu'apres, les soeurs etaient tellement excitees qu'elles avaient discute jusqu'a deux heures du matin. Manifestement, ca ne doit pas arriver souvent. La piece etait suivie de la messe de minuit. C'etait magnifique. L'eglise etait bondee, moitie soeurs et moitie volontaires. Une chorale splendide. Apres, on a ete invites a une petite reception ou elles offraient du chocolat chaud et du cake aux mouches. C'etait tres mauvais, mais tellement chaleureux...
Entretemps il etait presque minuit. Entre volontaires, on avait prevu de quoi terminer la soiree en beaute. On avait loue le toit d'un hotel afin de pouvoir s'y retrouver tous ensemble pour un verre. Au depart, on etait un petit groupe, mais finalement l'idee a remporte un tel succes qu'on avait 75 inscrits, et au moins autant qui se sont rajoutes en derniere minute. Tout s'est deroule tellement facilement. Deux jours avant, on a designe une equipe deco, une equipe cuisine, une equipe materiel, et une equipe boissons. En une heure, tout etait regle. Je me suis proposee comme responsable des boissons, et, avec ma copine Suisse et mon copain Italien, on leur a concocte un ponch au jus de fruits frais. Quarante litres, quand-meme... Meme les plus coinces se sont vite sentis a l'aise... Parmi les invites, il y avait des musiciens, et on a eu droit a un concert qui a dure jusqu'au petit matin. Ce que j'ai trouve vraiment genial, c'est la maniere dont chacun s'est investi pour que ce soit une vraie reussite. Il y avait des gens de partout et de tous les ages; Europeens bien sur, mais aussi des Japonais et des Coreens, quelques Israeliens, des Australiens, et des Indiens qui passaient par la. Des vieux, des jeunes, des touristes qui sont arrives la veille et certains qui sont en Inde depuis 3 ans. Certains habilles en costume-cravate, d'autres en pantalon d'Ali Baba et t-shirt a trous, certaines meme en sari. En tout cas, plein de gens que je n'aurais pas rencontre autrement. Une vraie auberge espagnole. Il regne a Calcutta, de maniere generale, une ambiance tres "Erasmus". On travaille dur la journee puis on sort comme des fous le soir. On discute pendant des heures sur le toit-terrasse de l'hotel, au son de la guitare et des tablas, alors qu'on sait bien qu'il va falloir se lever a 5h30 le lendemain. On est tous creves, mais on rigole tellement que ca n'a aucune importance.
Certains avaient prevu des petits cadeaux. Moi j'offrais des t-shirts, des produits de beaute, des bracelets. J'ai recu des autocollants avec Jesus dessus, un petit livre sur Mere Theresa, des images pieuses et de petites medailles religieuses... On va dire que c'est l'intention qui compte...
Le 25, par contre, ressemblait plutot a un Premier de l'An, avec mal de tete, teint verdatre et valises sous les yeux... On a malgre tout joue au Pere Noel. Grace a l'argent que certains d'entre vous m'avaient envoye (merci merci merci!), j'ai pu acheter 250 bonnets. A notre trio Italo-Belgo-Suisse s'est ajoute un Chilien, et aussi un gars qu'on a trouve dans la rue pour servir d'interprete. On a pris un taxi et on a parcouru les rues de la ville. Des qu'on voyait quelqu'un qui dormait par terre, un mendiant ou une famille qui habitait sur le trottoir, on s'arretait, on sortait du taxi et on leur filait des bonnets. C'etait genial. Mais parfois terriblement frustrant aussi. Aux endroits ou il y avait beaucoup de monde, les gens se ruaient sur nous, dechiraient le sac de bonnets, s'accrochaient a nos bras, arrachaient meme nos vetements. Certains se disputaient, se frappaient, juste pour avoir un bonnet. Il fallait alors foncer vers le taxi et demarrer au quart de tour car ils auraient vraiment fait n'importe quoi pour avoir quelques bonnets supplementaires... Heureusement, il y avait une super ambiance entre nous, et on s'en est tires avec seulement un t-shirt dechire, mais completement epuises.
Le point d'orgue de cette semaine aura ete la representation de notre piece de theatre dans un couvent de Carmelites. Ces femmes ont fait voeu de vivre cloitrees, mais une fois par an, elles ont droit a une petite distraction, la piece de theatre. En dehors de ca, elles ne voient personne tout au long de l'annee! Elles ont decide de consacrer leur vie entiere a la priere. Chaque jour leur parviennent des dizaines d'intentions de priere, provenant (de maniere surprenante!) principalement de non-Chretiens. Musulmans, Sikhs, Jains, Hindous. Elles ne peuvent se parler que 2 heures par jour. Jamais je n'oublierai leurs visages durant la piece. Tant de joie... Elles nous ont invite a prendre le the avec elles, on a discute longtemps, et j'ai vraiment ete surprise de voir combien ces femmes cloitrees etaient ouvertes, intelligentes et meme modernes! En tant que Marie, en plus, j'etais consideree comme la star du jour, et mon bebe Jesus a eu un succes fou. Toutes voulaient le prendre dans leurs bras...
Si on m'avait dit il y a 4 mois que je terminerais mon voyage en Inde en portant des seaux de 15 kg de vieux vetements, j'aurais rigole. Si on m'avait dit que j'allais jouer le role de la Vierge Marie dans une piece de theatre, que j'allais aimer ca et meme m'en sentir honoree, je n'y aurais pas cru. Et si on m'avait dit que le moment le plus fort de mes dernieres semaines serait de lire la joie sur les visages de quelques Carmelites, je pense que je ne serais pas partie...
Je ne sais toujours pas vraiment ce que je suis venue chercher ici. Mais ce qui est certain, c'est que j'ai decouvert en Inde des choses auxquelles je ne m'attendais absolument pas. Et que le bonheur n'est peut-etre pas toujours ou on pense le trouver.
Ce soir, nous organisons une petite fete pour mon depart, entre volontaires. Demain, je prends l'avion pour Delhi ou il me restera un jour et demi pour me reposer enfin, et faire un peu les boutiques. Ce sera une bonne transition avant de rentrer. Et ce sera tellement court que je n'aurai pas le temps d'avoir le cafard. Peut-etre que pour une fois, Delhi me paraitra agreable...

vendredi 19 décembre 2008

Frederic

Qui se souvient de Frederic, le petit mulot?
Pendant que sa famille fait provision de maïs et de noisettes pour l'hiver, Frédéric, lui, reste assis, penseur, sur un rocher, et engrange du soleil, des couleurs et des mots.
Il leur dit : "Je fais provision de soleil pour l’hiver, quand il fera froid et sombre"
"Je fais provision de couleur pour l’hiver gris"
"Je fais provision de mots… parce que l’hiver sera long et nous ne saurons plus quoi dire. "
Et durant tout l'hiver, en grignotant des noisettes, les petits mulots se rechauffent aux paroles de Frederic.
Comme Frederic, j'ai fait, durant tout ce voyage, mes provisions de bonheur et de belles choses. Le bleu du ciel et de la mer, le gazouillis des oiseaux, le froid de la neige et la chaleur du soleil sur ma peau, la gentillesse des Indiens, les moulins a priere, les thes trop sucres, le tendre vert des rizieres, les soirees a discuter avec des inconnus, la musique dans les bus, les heures passees a regarder autour de moi, sans rien faire d'autre, les milliers de pages que j'ai eu le temps de lire, les Oooooms des moines bouddhistes, le bien-etre a la fin d'une longue journee de marche, la serenite qui grandit au fil du voyage, le sentiment d'avoir fait les bons choix.
Je suis a Calcutta maintenant depuis 3 jours. C'est le moment d'offrir un peu de ces belles choses accumulees au fil des jours, avant de revenir a Bruxelles, avec une tres grande envie de partager tout ce que j'ai vecu, et de rechauffer un peu votre hiver a ma maniere!

Bombay

A Bombay, tout est demesure. La ville abrite 16 millions d'habitants, dont 55% vivent dans des bidons-villes. Les monuments sont immenses. Aux somptueux batiments coloniaux se melent des gratte-ciels decrepis. Les arteres sont plus larges que nos autoroutes. En plus de ses innombrables bazaars, de ses lieux de culte divers (mosquees, eglises, synagogues, temples hindouistes, bouddhistes, jainistes), de ses starlettes bollywoodiennes et de ses vestiges de l'epoque coloniale, Bombay offre un port de plaisance mais surtout une plage! Meme si l'eau est toxique (le port industriel n'est qu'a quelques centaines de metres, et les ordures de la ville y sont deversees en partie), cela n'empeche pas que certains y trempent les pieds, voire carrement se baignent allegrement. Il fait bon se promener sur la "croisette" locale. On y croise des amoureux, des familles nombreuses, de veritables stars de cinema, des gamins qui jouent au cerf-volant et divers vendeurs ambulants : glaces, barbes a papa, mais grille, the ou cafe, belphuris (delice local a base de petits legumes, lentilles, herbes, citron et riz souffle). Les Indiens mangent a longueur de journee et d'ailleurs, dans les grandes villes, une bonne partie d'entre est obese. Une autre grande partie est rachitique. Entre ceux qui ont faim et ceux qui sont victimes de la malbouffe, finalement, il y en a peu qui ont un poids qui semble correct...
Malheureusement, les attentats ont bouleverse la vie des habitants. Les gens ne sortent presque plus, ils ont peur. Les rues sont desertes, le trafic fluide. Pas un embouteillage. Meme chose dans les marches. Les etals debordent de marchandises et les vendeurs sont desesperes. La presse parle deja de catastrophe economique. Les ventes de produits alimentaires ont baisse de moitie au marche de Colaba, un des plus importants de la ville. Partout, des flics avec de gros fusils de chasse. Le long du Taj, des centaines de roses de Noel blanches. Des barrieres empechent de s'approcher et les passants s'accumulent devant. Au Cafe Leopold, on voit les impacts de balle sur le comptoir. Un message est glisse dans le menu pour ceux qui voudraient faire un geste en faveur des familles des serveurs decedes. Tout est controle. Les sacs, les voitures, les passeports. Mais plus que la peur, le sentiment qui predomine, c'est la tristesse.
J'imaginais Bombay plus extravagante, plus excitante, plus encline a la debauche. Probablement que ca reviendra un jour.
Malgre tout, j'ai adore les trois jours que j'y ai passes. J'y ai retrouve comme prevu mes 2 copines suedoises, et on en a profite un maximum. Visites, plage, ballades, glaces, sortie en bateau, terrasses, shopping, temples et bons restos, on s'est amusees comme des folles.
On a aussi vecu plein de moments insolites. Par exemple ce mariage, ou, en pleine rue, tous les hommes de la noce se tremoussaient au son des tambours, tandis que des serveurs enturbannes servaient Sprite et Coca a qui passait par la. Ou cette vache qui broutait l'herbe au beau milieu d'un grand carrefour. Ce vieil homme qui prenait son bain rituel dans un des nombreux bassins sacres, entoure de canards. Cette visite a un temple Jain. Il faut savoir que les Jains ont fait le serment de ne tuer aucun etre vivant. Ils se balladent donc typiquement avec un masque devant la bouche, afin de ne pas avaler une mouchette par megarde et un balais, afin de pouvoir balayer devant eux pour ne pas ecraser un insecte. Ils refusent de boire dans le noir, au cas ou une bestiole serait tombee dans leur verre, car ils ne sauraient pas la voir dans l'obscurite et risqueraient de l'avaler. Bizarre, bizarre...
Une belle maniere donc d'achever mon periple dans le Sud.
Et tres bientot, la suite des aventures de Mere Theresa et compagnie...



jeudi 18 décembre 2008

Petits restes grands plats

Vu le succes remporte par les aloos parathas (il parait que la version a base de stoemp aux chicons est un vrai regal!), voici de quoi agrementer vos petits plats mijotes. C'est ultra simple, tres rapide, mais le genre de recette qui change un peu de la cuisine de tous les jours.
Il y a trois variantes, toutes se font a base de riz deja cuit (idealement basmati). Un excedent de la veille fera l'affaire.
Faire rissoler dans un peu de beurre ou d'huile vegetale (pas de l'huile d'olive, c'est trop parfume) un ou deux oignons, voire plus selon le nombre de convives. Une fois qu'ils sont bien dores, y ajouter 1) de la noix de coco rapee ou 2) un jus de citron ou 3) une grosse cuiller a cafe de graines de cumin. Ne pas trop attendre avant de remettre un peu d'huile puis d'y jeter le riz qu'il faut alors faire frire.PLus il y a d'huile, meilleur c'est. Ca, c'est la version indienne.
Rien ne vous empeche d'y ajouter, apres l'oignon, quelques petits legumes. Par exemple, quelques des de courgette ou de potiron avec la noix de coco, une julienne de carottes avec le cumin, ou du brocoli avec le citron. Pour une version lendemain de reveillon, je vois bien un beau blanc de dinde avec le riz a la noix de coco, une tranche de gigot avec le riz au cumin, et la fin du waterzooi, voire un demi-homard avec le riz au citron!
J'attends vos commentaires et suggestions!

mercredi 17 décembre 2008

Goa pour le meilleur et pour le pire

Une fois encore, j'avais des prejuges qui se sont averes faux.
Pour moi, Goa, c'etait la Costa Brava Indienne, le Torremolinos du Sud, avec ses plages a touristes, ses soirees devastatrices en plein air, ses all-inclusive version indienne un peu crades et toute la pollution qui va avec.
Oui, il y a de gros complexes comme on les deteste, avec de gros blancs qui ne savent pas vivre sans air conditionne, exhibent leur cellulite en mangeant de gros hamburgers. Sur ces memes plages, ou a peine plus loin, on trouve aussi la bourgeoisie indienne, tout ausi infame, parlant tres fort un anglais a l'accent snobissime et qui sont plus m'as-tu-vu que tous les vacanciers de Knokke le Zoute reunis: sacs Vuitton, grosses bagnoles, chaines en or, t-shirt Dior etc. Les hommes boivent du Johnny Walker, les femmes sirotent du Bacardi Breezer. La nounou s'occuppe des enfants, bien sur.
Et oui, il y a aussi des plages ou les gens ne vont que pour faire la fete et se defoncer a tout ce qu'ils trouvent.
Mais il y a beaucoup plus que ca...
Il y a toutes les autres plages, celles ou^ ceux qui restent longtemps ont elu domicile. Celles ou on ne trouve ni parasols ni chaises longues, ou les palmiers fournissent juste ce qu'il faut d'ombre. Ou les vendeurs de fruits se balladent, proposant ananas, papayes, mangues et noix de coco. La ausi, un dress code particulier en fait un cliche, mais il y a une ambiance bon enfant qui fait qu'on oublie vite tout ca. L'homme est torse nu. Il se ballade en general en petit slip ultra moulant, le plus souvent pudiquement recouvert d'un lunghi, sorte de jupe que portent les Indiens, tantot en version longue, tantot en version mini-jupe. De jour, de nuit, il s'obstine a ne pas porter de t-shirt afin de pouvoir exhiber fierement son bronzage. La femme, elle, en bikini, arbore sa maigreur acquise au cours de longs mois de voyage. A peine recouverte d'un pareo, elle suggere plus qu'elle ne devoile ses cuisses rachitiques et son ventre creux. Pour la coiffure, homme ou femme, les dreadlocks sont de rigueur.
Afin de s'occupper, car les journees sont longues, tous comme les semaines voire les mois qu'ils passent la, ils jonglent, lancent des diabolos ou crachent du feu.
Au lever et au coucher du soleil, les adeptes du yoga pratiquent des salutations au Soleil suivies de postures qui impressioneraient meme les femmes-elastiques du cirque de Pekin.
A part ca, on parle, on tape la carte, on reve. On s'alimente, aussi.
On boit du the au gingembre et des jus de fruits frais. Le matin, on mange du porridge et le reste du temps, c'est 100% vegetarien bien sur, sauf exceptionnellement un peu de poisson grille.
Certains ont des projets un peu fous, comme ce Suisse qui construisait sa cabane dans un arbre. D'autres sont la avec un ou deux enfants. Ils vivent simplement, dans leur petite hutte. Les gamins boivent l'eau des flaques et courent tout nus et tout bronzes sur la plage. On ne se soucie de rien.
En fait, tout ca me plait assez bien.
Et puis, Goa a une capitale fabuleuse, Panaji. Ancienne colonie portugaise, on sent beaucoup l'influence mediterraneenne, avec une touche d'originalite indienne qui pimente le tout: dans la cuisine, dans l'architecture des batiments et leurs couleurs, dans les nombreuses eglises, mais surtout, et c'est le plus troublant, dans le physique des gens. Ils ont le teint et les yeux plus clairs, et certains pourraient passer pour des Portugais sans probleme. Il n'est d'ailleurs pas rare d'entendre des vieux parler entre eux dans une langue qui ressemble a s'y meprendre a celle de Vasco de Gama. Certaines facades, tout comme les noms des rues, s'ornent d'azulejos. Avec un peu d'imagination, on se croirait a Lisbonne. On trouve meme des crucifix qui pendent au mur, entre les posters de Shiva et les photos des stars bollywoodiennes.
Un vrai bonheur donc que ce petit etat vert, riche, luxuriant et detendu. Bien mieux que tous les cliches. Je n'ai pas eu assez de temps a y consacrer malheureusement.
Les journees filent a une vitesse vertigineuse, je realise que dans deux semaines je serai deja au boulot.
J'essaie de profiter au maximum de chaque instant, de ne pas trop penser au retour mais en meme temps, des idees bizarres me traversent l'esprit. Je reve d'aller faire mes courses au Delhaize. L'idee de dormir dans des draps qui sentent bons me rend dingue. Regarder les nouvelles a la tele, voire, encore mieux, un DVD me parait terriblement excitant. J'ai envie de mettre une jupe avec des bottes, envie de manger du fromage et des courgettes, envie d'avoir une journee avec 1000 choses a faire, parfois meme, je l'avoue, j'ai envie d'avoir froid. Et puis j'ai envie de vous retrouver.
C'est le moment de rentrer, je crois...