dimanche 14 décembre 2008

Foule a Hampi



La petite ville de Hampi est celebre pour abriter les ruines de la ville de Vijayagaram, dans un surprenant paysage de rocs de granit, de rizieres et de plantations de bananiers. Toutes ces ruines et ces temples en ont fait un lieu de pelerinage tres couru. Un bain dans le fleuve sacre garantit richesse, sante et prosperite. Tous les 12 ans, selon un calendrier astrologique complique, les etoiles se positionnent dans une conjoncture qui rend le lieu encore plus sacre qu'il ne l'est d'habitude. Il a fallu que ca tombe au moment ou j'y etais.

La petite bourgade s'est transformee en fourmiliere. Durant 10 jours, des masses de gens s'agglutinent sur les bords du fleuve, transportant des guirlandes de fleurs, des provisions, de quoi les cuisiner, voire un enfant ou deux coinces sous leurs bras, accroches a leur dos. Hommes, femmes et enfants, jeunes et vieux, peau foncee ou teint clair, riches et pauvres, brahmanes dignement vetus ou saddhus aux haillons couleur safran, tous se bousculent le long des rives.

Il faut ajouter a cette foule bigarree un nombre impressionnant de touristes fraichement debarques d'Europe pour feter Noel au soleil. Avec tout ce que cela implique: musique techno dans les guest house, filles en mini-short et decollete plongeant, pizzas, burgers et Coca Light au menu. Le contraste est saisissant. Les effluves d'encens se melent a celles de marijuana, les uns venerent le fleuve sacre, les autres la biere, c'est la rencontre improbable du "Holy" et du "Chill out". J'ai un peu de mal... La montagne m'aurait-elle rendue plus rustre que je le craignais?

Il n'empeche que la ville et ses temples sont une merveille et que j'ai passe d'excellents moments a Hampi. De mon hamac devant ma chambre, j'ai vue sur la riviere et ses milliers de baigneurs. Meme Lakshmi, l'elephant sacre du temple, a eu droit a son petit bain. Un velo m'a permis d'echapper a la foule et de parcourir les alentours. Petits villages au milieu des bananiers, buffles d'eau qui paressent dans les rizieres, temples caches, enfants exaltes conduisant comme ils le peuvent des chars a boeufs surcharges. Il fait une chaleur torride. 36 degres. C'est de l'indecence quand je pense a vous qui gelez en Belgique. Partout, on propose des noix de coco pour se desalterer. Ils les decapitent d'un coup de machette, et on peut alors en boire le jus. Un petit gout de paradis...


Je serais bien restee quelques jours de plus a Hampi, mais il ne me reste que quelques jours dans le Sud, et tellement de choses a faire...
Dans
deux semaines je serai a Bruxelles. Avant ca, encore un peu de soleil sur la plage de Gokarna, reputee "vierge", une ou deux nuits seulement a Goa (il a fallu choisir, et je pense que si ca me plait vraiment, ce dont je ne suis pas certaine, je pourrai toujours y retourner facilement), puis Bombay. Le 21, je serai a Calcutta pour la derniere ligne droite. Le 30, au petit matin, j'aterris a Bxl. Pour ceux qui veulent, je pensais organiser un petit dejeuner dans ma maison que je me rejouis de retrouver (comme vous tous d'ailleurs!). Si ca vous tente, faites-moi signe!

Escapade eco-chic

C'est le genre de projet dans le quel je me lancerais si je decidais de tout abandonner.
C'est d'ailleurs le choix qu'ont fait Sujata et Anurag, respectivement botaniste et biologiste.
L'idee de base : recreer, sur plusieurs hectares, la biodiversite tres particuliere de la region, qui a ete bouleversee par des chasses intempestives et la deforestation. Afin de rendre le projet financierement realisable, ils y ont integre diverses plantations; cafe, poivre, the, vanille, bananes, cardamome, papayes et ananas. Le cafe, qui a besoin d'ombre, pousse au beau milieu de la foret tropicale. Le poivre et la vanille qui ont besoin de support, grimpent le long des arbres. En s'aidant mutuellement et en poussant dans leur milieu naturel, ces plantes grandissent mieux. En botaniste confirme, Sujata selectionne alors les plus resistantes d'entre elles. L'engrais, lui, est fait a base d'un compost geant ou s'accumulent tous les dechets alimentaires, les mauvaises herbes, et les restes des plantations. Plus besoin de pesticides ni de produits chimiques, c'est de l'agriculuture 100% bio! Bien sur, cela demande plus de main d'oeuvre, mais ce n'est pas ca qui manque en Inde. Vu la demande croissante de ce genre de produits d'une part, et vu le prix exorbitant des pesticides d'autre part, ils ont decide d'etendre le projet aux plnatations voisines. Mais le passage de l'agriculture "classique" au bio est souvent difficile les premieres annees. Afin de soutenir financierement les paysans, ils ont cree une ONG.
Et pour recolter des fonds -mais aussi pour repondre au succes grandissant du projet- ils ont construit, au coeur de la foret, quelques petits cottages, dans lesquels ils accueillent les toursites pour des sejours aussi ressourcants qu'instructifs. Tout a ete concu afin d'avoir un impact ecologique minimal. L'eau est chauffee par des panneaux solaires. Afin d'economiser le bois, on cuisine au methane,produit localement dans une grande cuve ou s'acumulent les bouses de toutes les vaches sacrees du coin. Pour les repas, ils se servent dans le potager ou dans le poulailler. Et comme si ce n'etait pas assez a mon gout, ils proposent a leurs hotes chaue jour un trekking different, avccompagnes d'un guide omniscient. De retour de la marche, et avant l'apero compose de jus de fruits frais, on peut prendre un bain (je n'avais plus vu une baignoire depuis 3 mois!), lire dans son hamac ou observer les oiseaux et les ecureuils.
Meme si j'etais bien loin de l'Inde profonde, cette escapade eco-chic aura ete une veritable bulle d'air, entre l'agitation des villes et le confort spartiate de la montagne, et avant de repartir vers le Nord.

vendredi 12 décembre 2008

Je vais au marche

Qui se souvient de ce jeu qui pouvait durer des heures?
Je vais au marche et j'achete...
Quelques cubes de sucre de canne,

Quelques cubes de sucre de canne et une brassee de roses rouges pour ceux que j'aime, Quelques cubes de sucre de canne, une brassee de roses rouges pour ceux que j'aime et de jolis bracelets de verre a ramener pour les copines, Quelques cubes de sucre de canne, une brassee de roses rouges pour ceux que j'aime, de jolis bracelets de verre a ramener pour les copines et de quoi faire un bon bouillon de poule, Quelques cubes de sucre de canne, une brassee de roses rouges pour ceux que j'aime, de jolis bracelets de verre a ramener pour les copines, de quoi faire un bon bouillon de poule et des feuilles pour le paan, Quelques cubes de sucre de canne, une brassee de roses rouges pour ceux que j'aime, de jolis bracelets de verre a ramener pour les copines, de quoi faire un bon bouillon de poule, des feuilles pour le paan et des petits pots de terre ou mettre des bougies, Quelques cubes de sucre de canne, une brassee de roses rouges pour ceux que j'aime, de jolis bracelets de verre a ramener pour les copines, de quoi faire un bon bouillon de poule, des feuilles pour le paan, des petits pots de terre ou mettre des bougies et un gros bouquet d'immortelles en offrande a Ganesh, Quelques cubes de sucre de canne, une brassee de roses rouges pour ceux que j'aime, de jolis bracelets de verre a ramener pour les copines, de quoi faire un bon bouillon de poule, des feuilles pour le paan, des petits pots de terre ou mettre des bougies, un gros bouquet d'immortelles en offrande a Ganesh et des courges au nom aussi improbable que leur forme,
Quelques cubes de sucre de canne, une brassee de roses rouges pour ceux que j'aime, de jolis bracelets de verre a ramener pour les copines, de quoi faire un bon bouillon de poule, des feuilles pour le paan, des petits pots de terre ou mettre des bougies, un gros bouquet d'immortelles en offrande a Ganesh, des courges au nom aussi improbable que leur forme et du jasmin a accrocher dans mes cheveux,
Quelques cubes de sucre de canne, une brassee de roses rouges pour ceux que j'aime, de jolis bracelets de verre a ramener pour les copines, de quoi faire un bon bouillon de poule, des feuilles pour le paan, des petits pots de terre ou mettre des bougies, un gros bouquet d'immortelles en offrande a Ganesh, des courges au nom aussi improbable que leur forme, du jasmin a accrocher dans mes cheveux et un regime de bananes!
Vous l'aurez compris, c'est le moment des cadeaux. Qui veut quoi? Avez-vous des commandes particulieres?
Profitez-en, c'est le moment...

mardi 9 décembre 2008

Tourisme a l'Indienne

Mais ou sont donc les Occidentaux?
Depuis le junkie Suedois, je n'ai plus rencontre personne... Je ne peux pas croire que les attentats de Bombay les aient tous fait fuir!
Ooty est pourtant une ville charmante. Tout comme Munnar, c'est une ancienne station climatique ou les Anglais venaient se refugier durant les grandes chaleurs. Ils y ont laisse de nombreux petits cottages, des jardins impeccables, un arboretum, un jardin botanique et un parc aux roses. Les hotels sont magnifiques, propres, et j'ai eu droit a ma premiere douche chaude depuis que je suis en Inde. Depuis le petit jardin qui jouxte ma chambre, j'ai vue sur les montagnes. Les maisons sont en pierre, avec des toits en tuile. La region est tres verte, avec de vastes forets d'eucalyptus et des lacs limpides dans lesquels se refletent les collines. A vrai dire, ca ressemble plus a la region des Grands Lacs au Chili qu'a l'Inde du Sud...
Ce lieu paisible etait le bienvenu apres le trajet pour y arriver.
Je n'avais pas realise combien les voyages pouvaient etre eprouvants. Les bus sont en general de vieux bus Tata tout deglingues, souvent sans vitres, auxquels il arrive toujours une aventure en chemin; pneu creve ou morceau de ferraille qui se detache, souvent un coup de marteau bien place arrange l'histoire. Le bus ne part que quand il est rempli, c'est a dire quand il n'y a materiellement plus moyen de faire rentrer qui que ce soit a l'interieur. Seuls ceux qui courent vite ont droit a une place assise. Les vieux et les femmes avec enfants (ou sac a dos!) passent donc une bonne partie du voyage debout, presses comme des citrons. Pas de galanterie, pas de politesse, pas de cadeaux. Dans un pays de plus d'un milliard d'habitants, il faut lutter sans cesse, et c'est chacun pour soi. En meme temps, malgre tout ce monde, il m'est imposible de passer inapercue. Ou que j'aille, quoi que je fasse, on me devisage. Ils sont intrigues. Ils ne comprennent pas pourquoi une femme voyage seule. Il ne passe pas 5 minutes sans que l'on me demande comment je vais, d'ou je viens, comment je m'appelle, et si je suis mariee. Une fois que j'ai repondu a l'interrogatoire, ils sont en general satisfaits et la conversation s'arrete la. Parfois on me demande aussi ce que j'ai mange lors de mon dernier repas, ou combien je gagne en Belgique. C'est le plus souvent par gentillesse, par curiosite, mais quand c'est 100 fois par jour, tous les jours, depuis presque 3 mois, il y a des moments ou ca devient insupportable.
Plus que vous tous qui me manquez pourtant beaucoup, plus que le confort de ma petite maison ou qu'un bon apero en ville, c'set l'indifference des Belges qui me manque le plus! Pouvoir me ballader dans la ville sans que personne ne fasse attention a moi.
Heureusement, il y a des exceptions!
Apres Ooty, je suis allee dans le Parc National de Mudumalai, ou j'ai fait la connaissance de 3 ingenieurs avec qui j'ai passe une super apres-midi. Ils m'ont invitee a faire un tour avec eux a dos d'elephant, et, a defaut de voir un tigre comme ils me l'avaient promis, on a bien rigole et beaucoup discute. Ils ont beau etre jeunes, riches, modernes, intelligents, independants, ils vivent entre copains, s'habillent a l'europeenne, aiment voyager et cuisiner, aucun d'entre eux n'envisage autre chose qu'un mariage arrange. Les chiffres le prouvent : plus de 80 % des mariages en Inde sont encore decides par les parents! Et les divorces sont tres rares. Peut-etre devrions-nous revenir a un systeme similaire? Dans mon cas, c'eut probablement ete une option interessante...
Enfin, pour en revenir aux elephants, chacun a un "mahout", un homme qui s'occuppe personnellement d'un elephant attitre. Ils les nourissent deux fois par jour (5 kg de riz, 3 kg de lentilles, une autre cereale type ble ou epeautre, une grosse poignee de sel, soit un bon gros dal bhat), c'set tout un ceremonial. Comme je dormais au sein meme du parc national, j'ai pu assister a leurs repas et a leur douche. Un peu cliche, bien sur, mais ca fait partie du jeu. Le lendemain, apres un mini-trekking au petit matin, pour voir les animaux boire a la riviere, nouveau bus, pour Mysore cette fois-ci.
La chance semble etre avec moi. Je trouve d'emblee un super hotel, de l'epoque coloniale, plein de ce charme desuet qui les caracterise. Tout ce que j'aime. Personnel en uniforme vieillot, qui porte mon sac a dos, ouvre la porte de l'ascenseur, et sourit poliment chaque fois que je croise leur regard. Chambres d'une proprete impeccables, au mobilier tres style, mais completement depasse. Le matin, on glisse sous ma porte le journal du jour. Un vrai bonheur.
D'autant que, des mon arrivee, je rencontre deux Suedoises (decidement!), qui tout de suite me proposent d'aller manger ensemble. On ne s'est plus quittees depuis. Droles, simples, juste ce qu'il me fallait. La ville est celebre pour son magnifique palais, completement demesure, qui, une fois par semaine, s'illumine durant une heure de 96.000 ampoules! Le spectacle est feerique. C'est un melange entre Versailles, Euro Disney et la Grand Place les soirs de Son et Lumiere. Mysore abrite aussi un des plus riches marches que j'ai vus depuis mon arrivee en Inde. Fruits, legumes, fleurs, pigments, epices, douceurs, viande, poisson, bijoux, on y trouve absolument tout. On y a passe des heures, tous les sens en eveil. Les Mysoriens (?) sont adorables, les prix abordables; decidement cette ville a beaucoup pour plaire.
Demain, je repars de mon cote, apres avoir fixe RDV avec mes copines a Bombay. Je m'offre deux jours dans un eco-lodge au milieu des plantations de the, de cafe, de poivre, de vanille et de cardamome, un petit bijou d'ecologie, un havre de paix. Je me re-jou-is!
Merci aux genereux donateurs grace a qui cette petite folie est possible!

vendredi 5 décembre 2008

Le Livre de la Jungle

J'avais oublie combien j'aimais la montagne. J'ai finalement passe a Munnar nettement plus de temps que prevu, mais ca en aura largement valu la peine.

J'ai eu la chance d'y rencontrer Mano, un guide de montagne pas comme les autres. Il est originaire d'une famille de 7 enfants, manifestement tres pauvre, car il n'a ete scolarise que jusqu'a l'age de 10 ans. Sa vie a bascule quand, dans les annees 80, une Americaine un peu excentrique a debarque dans son village perdu au milieu de nulle part. Ils sont tombes amoureux et elle est reste la pendant 6 ans, jusqu'a ce que, enceinte, elle lui demande de l'accompagner pour vivre avec elle aux Etats Unis. Il a alors gentiment decline l'offre, refusant d'abandonner ses vieux parents et sa famille. Elle est repartie seule. On s'est alors empresse de le marier a une fille du village... Mais en attendant, il avait appris des rudiments d'anglais et, surtout, la maniere de penser des Occidentaux.
Nous avions convenu d'un trekking de 3 jours, au cours duquel nous logerions dans sa famille. En derniere minute, un pseudo-philosophe Suedois qui passait par la s'est joint a nous. Mutique le matin, volubile a midi, logorrheique le soir, son elocution augmentait de maniere exponentielle, rapport au nombre de petards qu'il fumait tout au long de la journee.

La region est splendide. Munnar, ancienne station climatique, perchee a 1800 metres d'altitude, est entouree de plantations de the. La région est d'ailleurs l'un des premiers centres de production de thé au monde. Dans ce relief escarpé et sur des centaines d'hectares, les plantations de thé ressemblent à d'immenses mosaïques vertes soigneusement entretenues.

Détenue principalement par le géant indien TATA, l’industrie fait travailler 30 000 personnes, soit la moitié des habitants de la region. Il faut planter, tailler, faire la cueillette, secher les feuilles, les trier, les broyer, puis empaqueter le tout et l'expedier aux 4 coins du monde. Nous avons passe la premiere journee de trek au milieu des plantations. Un spectacle inoubliable.

Nous avons, la premiere nuit, ete accueillis dans la belle-famille de Mano. A vrai dire, je n'avais pas compris que nous passerions la nuit la et non pas chez Mano lui-meme (ou se trouvait mon sac a dos, avec toutes mes affaires!). Heureusement, j'ai en permanence dans le petit sac a dos qui ne me quitte jamais un kit de survie -ideal dans ce genre de situation: un stick anti-moustique, une lampe frontale, un tube d'ecran total, une paire de boules Quies, un bon bouquin, un petit canif et une paire de chaussettes pour le froid.

La maison fait partie d'un petit hameau qui me fait penser au village que decouvre Mowgli, dans le Livre de la Jungle. De petites huttes au toit de chaume, entourees d'une foret luxuriante ou des singes se balancent de branche en branche. Les femmes portent sur leurs hanches de petits bebes ou de lourdes jarres d'eau. Le soir, autour du feu, Mano nous raconte des histoires d'elephants et de tigres mangeurs d'enfants. La maison compte 3 pieces: une grande, une petite, et la cuisine. Pas d'electricite, pas d'eau courante, on cuisine au feu de bois.
On mange assis sur des nattes, avec les doigts de la main droite. Pas evident au debut -surtout le riz- mais a force d'en mettre partout on apprend tres vite.
Dans la repartition des chambres, j'ai ete relativement chanceuse. On m'a installee dans la petite piece, avec la grand-mere. Le malheureux Suedois a, lui, herite du reste de la famille (dont le bebe qui a pleure toute la nuit). J'ai dormi a meme le sol, tout habillee, pelotonnee dans une grosse couverture qu'ils m'avaient pretee. Il faisait glacial.
Le matin, la vieille et moi nous sommes levees a l'aube pour preparer le petit dejeuner pour toute la famille: des dosas (crepes a la farine de lentilles) avec un dhal qui aurait ete delicieux si elle n'y avait genereusement ajoute 6 piments et une bonne vongtaine de gousses d'ail. C'est la que j'ai regrette de ne pas avoir ajoute, dans le kit de survie, une brosse a dents...

Apres avoir embarque les restes du petit dejeuner pour le pic-nic, nous sommes repartis, vers les villages "de tribu" comme ils disent ici. La majorite d'entre eux ne sont accessibles qu'a pied. Ils n'y avaient plus vu un blanc depuis plus de 6 mois. Les enfants nous accueillent en hurlant de joie, "Blancs, blancs!", ils sont tout fous. Les plus petits d'entre eux se balladent tout nus. C'est encore plus precaire qu'au Nepal. Il n'y a pas de toilettes, meme pas un trou. C'est incroyable de voir ca a seulement un jour de marche d'une ville comme Munnar.
Entre les villages, de gros travaux sont effectues, principalement des bassins pour recueillir l'eau durant la saison des pluies. Des centaines d'hommes et de femmes creusent, armes de pelles, de sceaux et de bassines. Pas de pelleteuse, tout est fait a la main. C'est tres impressionant.

Malheureusement, ce deuxieme jour, apres 5 heures de marche et deux joints bien charges, la lopette suedoise a declare forfait. Il ne voulait plus entendre parler de trekking. Pas moyen de le faire changer d'avis. Nous n'avons donc eu d'autre option que de rebrousser chemin. Comme c'etait encore trop dur, des le village suivant, nous avons embarque dans un camion tout colore, comme on pourrait en voir dans les dessins animes, d'autant que celui-ci transportait une cargaison de chou puant. Il nous a deposes juste devant la maison de Mano, ou ses trois enfants nous accueillis, tout contents de nous voir rentrer un peu plus toit que prevu.

Malgre un petit gout de trop peu, j'y ai passe une super soiree, a discuter avec son epouse, pendant que les enfants me montraient leurs cahiers et leurs dessins. Sur la photo, on peut voir que la petite fille a de gros points noirs dessines sur le visage. C'est une pratique courante ici, afin de rendre les enfants moins beaux qu'ils ne le sont en realite, histoire de ne pas s'attirer la jalousie du mauvais oeil.

Le troisieme jour, nous avons abandonne a son triste sort notre compagnon, pour parcourir le parc national un peu plus loin. Nous avons eu la chance d'y voir des bisons, plein de singes, mais surtout 4 gros elephants avec leurs 2 petits. C'est vraiment fascinant de les voir dans leur element naturel, detruisant arbres et chemins sur leur passage -meme si ca fait un peu peur aussi...

Ce trekking m'aura fait le plus grand bien. Le fait de passer autant de temps avec un Indien hors du commun m'a aussi appris plein de choses que je ne savais pas encore sur les us et coutumes locaux, principalement la situation de la femme et la vision qu'ont les Indiens des Occidentaux. Tres interessant, pas toujours rejouissant...