mercredi 17 décembre 2008

Goa pour le meilleur et pour le pire

Une fois encore, j'avais des prejuges qui se sont averes faux.
Pour moi, Goa, c'etait la Costa Brava Indienne, le Torremolinos du Sud, avec ses plages a touristes, ses soirees devastatrices en plein air, ses all-inclusive version indienne un peu crades et toute la pollution qui va avec.
Oui, il y a de gros complexes comme on les deteste, avec de gros blancs qui ne savent pas vivre sans air conditionne, exhibent leur cellulite en mangeant de gros hamburgers. Sur ces memes plages, ou a peine plus loin, on trouve aussi la bourgeoisie indienne, tout ausi infame, parlant tres fort un anglais a l'accent snobissime et qui sont plus m'as-tu-vu que tous les vacanciers de Knokke le Zoute reunis: sacs Vuitton, grosses bagnoles, chaines en or, t-shirt Dior etc. Les hommes boivent du Johnny Walker, les femmes sirotent du Bacardi Breezer. La nounou s'occuppe des enfants, bien sur.
Et oui, il y a aussi des plages ou les gens ne vont que pour faire la fete et se defoncer a tout ce qu'ils trouvent.
Mais il y a beaucoup plus que ca...
Il y a toutes les autres plages, celles ou^ ceux qui restent longtemps ont elu domicile. Celles ou on ne trouve ni parasols ni chaises longues, ou les palmiers fournissent juste ce qu'il faut d'ombre. Ou les vendeurs de fruits se balladent, proposant ananas, papayes, mangues et noix de coco. La ausi, un dress code particulier en fait un cliche, mais il y a une ambiance bon enfant qui fait qu'on oublie vite tout ca. L'homme est torse nu. Il se ballade en general en petit slip ultra moulant, le plus souvent pudiquement recouvert d'un lunghi, sorte de jupe que portent les Indiens, tantot en version longue, tantot en version mini-jupe. De jour, de nuit, il s'obstine a ne pas porter de t-shirt afin de pouvoir exhiber fierement son bronzage. La femme, elle, en bikini, arbore sa maigreur acquise au cours de longs mois de voyage. A peine recouverte d'un pareo, elle suggere plus qu'elle ne devoile ses cuisses rachitiques et son ventre creux. Pour la coiffure, homme ou femme, les dreadlocks sont de rigueur.
Afin de s'occupper, car les journees sont longues, tous comme les semaines voire les mois qu'ils passent la, ils jonglent, lancent des diabolos ou crachent du feu.
Au lever et au coucher du soleil, les adeptes du yoga pratiquent des salutations au Soleil suivies de postures qui impressioneraient meme les femmes-elastiques du cirque de Pekin.
A part ca, on parle, on tape la carte, on reve. On s'alimente, aussi.
On boit du the au gingembre et des jus de fruits frais. Le matin, on mange du porridge et le reste du temps, c'est 100% vegetarien bien sur, sauf exceptionnellement un peu de poisson grille.
Certains ont des projets un peu fous, comme ce Suisse qui construisait sa cabane dans un arbre. D'autres sont la avec un ou deux enfants. Ils vivent simplement, dans leur petite hutte. Les gamins boivent l'eau des flaques et courent tout nus et tout bronzes sur la plage. On ne se soucie de rien.
En fait, tout ca me plait assez bien.
Et puis, Goa a une capitale fabuleuse, Panaji. Ancienne colonie portugaise, on sent beaucoup l'influence mediterraneenne, avec une touche d'originalite indienne qui pimente le tout: dans la cuisine, dans l'architecture des batiments et leurs couleurs, dans les nombreuses eglises, mais surtout, et c'est le plus troublant, dans le physique des gens. Ils ont le teint et les yeux plus clairs, et certains pourraient passer pour des Portugais sans probleme. Il n'est d'ailleurs pas rare d'entendre des vieux parler entre eux dans une langue qui ressemble a s'y meprendre a celle de Vasco de Gama. Certaines facades, tout comme les noms des rues, s'ornent d'azulejos. Avec un peu d'imagination, on se croirait a Lisbonne. On trouve meme des crucifix qui pendent au mur, entre les posters de Shiva et les photos des stars bollywoodiennes.
Un vrai bonheur donc que ce petit etat vert, riche, luxuriant et detendu. Bien mieux que tous les cliches. Je n'ai pas eu assez de temps a y consacrer malheureusement.
Les journees filent a une vitesse vertigineuse, je realise que dans deux semaines je serai deja au boulot.
J'essaie de profiter au maximum de chaque instant, de ne pas trop penser au retour mais en meme temps, des idees bizarres me traversent l'esprit. Je reve d'aller faire mes courses au Delhaize. L'idee de dormir dans des draps qui sentent bons me rend dingue. Regarder les nouvelles a la tele, voire, encore mieux, un DVD me parait terriblement excitant. J'ai envie de mettre une jupe avec des bottes, envie de manger du fromage et des courgettes, envie d'avoir une journee avec 1000 choses a faire, parfois meme, je l'avoue, j'ai envie d'avoir froid. Et puis j'ai envie de vous retrouver.
C'est le moment de rentrer, je crois...

Decouverte revolutionnaire

Gokarna... Le Lonely disait "plages de reve inexplorees". Meme pour moi qui a priori ne suis pas trop plage, c'etait idyllique. Je craignais la foule, il n'y avait personne, je craignais l'agitation, c'etait on ne peut plus paisible, et je craignais de devoir a nouveau me baigner en short et en t-shirt, mais pas du tout. Le bikini est de rigueur, et personne n'est la pour mater les filles. Enfin, pas de maniere indecente, juste ce qu'il faut, quoi... J'y logeais dans une petite hutte de paille, construite a meme le sol. En sortant de mon lit, j'etais donc directement dans le sable. Douche au grand air, tout comme les toilettes. Meme les cafes internet sont "les pieds dans le sable". Les petits restos de poisson abondent, il fait une temperature ideale. Tout le monde est content.
En plus, le petit village de Gokarna est charmant, les habitants aussi relax que les touristes qui y flanent. J'ai commence mes courses de Noel. Pas facile de s'imaginer que c'est dans une semaine, avec la chaleur qu'il fait. Pas de deco kitsch non plus, pas de dessins de traineaux tire par des rennes, ni de sapins plein de guirlandes. Par contre plein de bougies et de lumieres de toutes les couleurs dans les restos sur la plage. Mais ca, je pense que c'est chaque jour, Noel ou pas.
A part ces quelques courses, je n'ai rien fait. Rien du tout. C'est la premiere fois de ma vie que je passe 48 heures a ne rien faire. Je regardais la mer, je me baignais un peu pour me rafraichir. Je decouvre ce qu'est la glande. Voila, il m'aura fallu attendre 31 ans, et passer 3 mois ici pour comprendre comme c'est chouette. Mais en meme temps, c'est terrible. Que faire si ca continue a Bruxelles? Vous ne me reconnaitrez peut-etre plus?

dimanche 14 décembre 2008

Foule a Hampi



La petite ville de Hampi est celebre pour abriter les ruines de la ville de Vijayagaram, dans un surprenant paysage de rocs de granit, de rizieres et de plantations de bananiers. Toutes ces ruines et ces temples en ont fait un lieu de pelerinage tres couru. Un bain dans le fleuve sacre garantit richesse, sante et prosperite. Tous les 12 ans, selon un calendrier astrologique complique, les etoiles se positionnent dans une conjoncture qui rend le lieu encore plus sacre qu'il ne l'est d'habitude. Il a fallu que ca tombe au moment ou j'y etais.

La petite bourgade s'est transformee en fourmiliere. Durant 10 jours, des masses de gens s'agglutinent sur les bords du fleuve, transportant des guirlandes de fleurs, des provisions, de quoi les cuisiner, voire un enfant ou deux coinces sous leurs bras, accroches a leur dos. Hommes, femmes et enfants, jeunes et vieux, peau foncee ou teint clair, riches et pauvres, brahmanes dignement vetus ou saddhus aux haillons couleur safran, tous se bousculent le long des rives.

Il faut ajouter a cette foule bigarree un nombre impressionnant de touristes fraichement debarques d'Europe pour feter Noel au soleil. Avec tout ce que cela implique: musique techno dans les guest house, filles en mini-short et decollete plongeant, pizzas, burgers et Coca Light au menu. Le contraste est saisissant. Les effluves d'encens se melent a celles de marijuana, les uns venerent le fleuve sacre, les autres la biere, c'est la rencontre improbable du "Holy" et du "Chill out". J'ai un peu de mal... La montagne m'aurait-elle rendue plus rustre que je le craignais?

Il n'empeche que la ville et ses temples sont une merveille et que j'ai passe d'excellents moments a Hampi. De mon hamac devant ma chambre, j'ai vue sur la riviere et ses milliers de baigneurs. Meme Lakshmi, l'elephant sacre du temple, a eu droit a son petit bain. Un velo m'a permis d'echapper a la foule et de parcourir les alentours. Petits villages au milieu des bananiers, buffles d'eau qui paressent dans les rizieres, temples caches, enfants exaltes conduisant comme ils le peuvent des chars a boeufs surcharges. Il fait une chaleur torride. 36 degres. C'est de l'indecence quand je pense a vous qui gelez en Belgique. Partout, on propose des noix de coco pour se desalterer. Ils les decapitent d'un coup de machette, et on peut alors en boire le jus. Un petit gout de paradis...


Je serais bien restee quelques jours de plus a Hampi, mais il ne me reste que quelques jours dans le Sud, et tellement de choses a faire...
Dans
deux semaines je serai a Bruxelles. Avant ca, encore un peu de soleil sur la plage de Gokarna, reputee "vierge", une ou deux nuits seulement a Goa (il a fallu choisir, et je pense que si ca me plait vraiment, ce dont je ne suis pas certaine, je pourrai toujours y retourner facilement), puis Bombay. Le 21, je serai a Calcutta pour la derniere ligne droite. Le 30, au petit matin, j'aterris a Bxl. Pour ceux qui veulent, je pensais organiser un petit dejeuner dans ma maison que je me rejouis de retrouver (comme vous tous d'ailleurs!). Si ca vous tente, faites-moi signe!

Escapade eco-chic

C'est le genre de projet dans le quel je me lancerais si je decidais de tout abandonner.
C'est d'ailleurs le choix qu'ont fait Sujata et Anurag, respectivement botaniste et biologiste.
L'idee de base : recreer, sur plusieurs hectares, la biodiversite tres particuliere de la region, qui a ete bouleversee par des chasses intempestives et la deforestation. Afin de rendre le projet financierement realisable, ils y ont integre diverses plantations; cafe, poivre, the, vanille, bananes, cardamome, papayes et ananas. Le cafe, qui a besoin d'ombre, pousse au beau milieu de la foret tropicale. Le poivre et la vanille qui ont besoin de support, grimpent le long des arbres. En s'aidant mutuellement et en poussant dans leur milieu naturel, ces plantes grandissent mieux. En botaniste confirme, Sujata selectionne alors les plus resistantes d'entre elles. L'engrais, lui, est fait a base d'un compost geant ou s'accumulent tous les dechets alimentaires, les mauvaises herbes, et les restes des plantations. Plus besoin de pesticides ni de produits chimiques, c'est de l'agriculuture 100% bio! Bien sur, cela demande plus de main d'oeuvre, mais ce n'est pas ca qui manque en Inde. Vu la demande croissante de ce genre de produits d'une part, et vu le prix exorbitant des pesticides d'autre part, ils ont decide d'etendre le projet aux plnatations voisines. Mais le passage de l'agriculture "classique" au bio est souvent difficile les premieres annees. Afin de soutenir financierement les paysans, ils ont cree une ONG.
Et pour recolter des fonds -mais aussi pour repondre au succes grandissant du projet- ils ont construit, au coeur de la foret, quelques petits cottages, dans lesquels ils accueillent les toursites pour des sejours aussi ressourcants qu'instructifs. Tout a ete concu afin d'avoir un impact ecologique minimal. L'eau est chauffee par des panneaux solaires. Afin d'economiser le bois, on cuisine au methane,produit localement dans une grande cuve ou s'acumulent les bouses de toutes les vaches sacrees du coin. Pour les repas, ils se servent dans le potager ou dans le poulailler. Et comme si ce n'etait pas assez a mon gout, ils proposent a leurs hotes chaue jour un trekking different, avccompagnes d'un guide omniscient. De retour de la marche, et avant l'apero compose de jus de fruits frais, on peut prendre un bain (je n'avais plus vu une baignoire depuis 3 mois!), lire dans son hamac ou observer les oiseaux et les ecureuils.
Meme si j'etais bien loin de l'Inde profonde, cette escapade eco-chic aura ete une veritable bulle d'air, entre l'agitation des villes et le confort spartiate de la montagne, et avant de repartir vers le Nord.

vendredi 12 décembre 2008

Je vais au marche

Qui se souvient de ce jeu qui pouvait durer des heures?
Je vais au marche et j'achete...
Quelques cubes de sucre de canne,

Quelques cubes de sucre de canne et une brassee de roses rouges pour ceux que j'aime, Quelques cubes de sucre de canne, une brassee de roses rouges pour ceux que j'aime et de jolis bracelets de verre a ramener pour les copines, Quelques cubes de sucre de canne, une brassee de roses rouges pour ceux que j'aime, de jolis bracelets de verre a ramener pour les copines et de quoi faire un bon bouillon de poule, Quelques cubes de sucre de canne, une brassee de roses rouges pour ceux que j'aime, de jolis bracelets de verre a ramener pour les copines, de quoi faire un bon bouillon de poule et des feuilles pour le paan, Quelques cubes de sucre de canne, une brassee de roses rouges pour ceux que j'aime, de jolis bracelets de verre a ramener pour les copines, de quoi faire un bon bouillon de poule, des feuilles pour le paan et des petits pots de terre ou mettre des bougies, Quelques cubes de sucre de canne, une brassee de roses rouges pour ceux que j'aime, de jolis bracelets de verre a ramener pour les copines, de quoi faire un bon bouillon de poule, des feuilles pour le paan, des petits pots de terre ou mettre des bougies et un gros bouquet d'immortelles en offrande a Ganesh, Quelques cubes de sucre de canne, une brassee de roses rouges pour ceux que j'aime, de jolis bracelets de verre a ramener pour les copines, de quoi faire un bon bouillon de poule, des feuilles pour le paan, des petits pots de terre ou mettre des bougies, un gros bouquet d'immortelles en offrande a Ganesh et des courges au nom aussi improbable que leur forme,
Quelques cubes de sucre de canne, une brassee de roses rouges pour ceux que j'aime, de jolis bracelets de verre a ramener pour les copines, de quoi faire un bon bouillon de poule, des feuilles pour le paan, des petits pots de terre ou mettre des bougies, un gros bouquet d'immortelles en offrande a Ganesh, des courges au nom aussi improbable que leur forme et du jasmin a accrocher dans mes cheveux,
Quelques cubes de sucre de canne, une brassee de roses rouges pour ceux que j'aime, de jolis bracelets de verre a ramener pour les copines, de quoi faire un bon bouillon de poule, des feuilles pour le paan, des petits pots de terre ou mettre des bougies, un gros bouquet d'immortelles en offrande a Ganesh, des courges au nom aussi improbable que leur forme, du jasmin a accrocher dans mes cheveux et un regime de bananes!
Vous l'aurez compris, c'est le moment des cadeaux. Qui veut quoi? Avez-vous des commandes particulieres?
Profitez-en, c'est le moment...